Le consommateur a toujours raison, surtout quand il a tort
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September 11, 2026
September 14, 2026
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Article
Gaëtan Namouric, de Perrier Jablonski, explique comment les perceptions des consommateurs peuvent l’emporter sur les caractéristiques objectives d’une offre. Le récit A&W illustre la confusion entre un tiers et un quart de livre. La canette blanche Coca-Cola de 2011 a suscité des plaintes sur le goût malgré une recette inchangée. Cadbury a rencontré des réactions similaires après avoir arrondi les morceaux de Dairy Milk. L’étude de Shiv, Carmon et Ariely (2005) éclaire le rôle des attentes à travers l’effet placebo du marketing. L’article invite les organisations à observer les choix et à comprendre les malentendus avant de les corriger.
Un client peut se tromper sur une quantité ou sur la recette d’un produit et décider quand même de ne plus l’acheter. Avant de le corriger, il faut comprendre ce qu’il a vu, comparé et ressenti. L’écouter et le regarder choisir permet de repérer des difficultés qui échappent souvent à ceux qui connaissent l’offre par cœur.
On croyait pourtant avoir pensé à tout.
September 11, 2026
September 15, 2026
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Article
L’article examine comment la méfiance envers le changement peut entretenir le retard de productivité du Canada. Dans l’enquête Ipsos-Google menée à l’automne 2025, 68 % des répondants canadiens choisissent un scénario où l’IA nuit aux travailleurs. Le texte rapproche cette appréhension du retard durable décrit par la Banque du Canada et l’OCDE, ainsi que d’une étude sur 5 172 agents de service client où un assistant d’IA augmente de 15 % en moyenne les problèmes résolus par heure. Il souligne le coût économique possible des investissements et des changements reportés. La conclusion s’appuie sur le GenAI Sandbox de Singapour : près de 80 % des PME participantes ont poursuivi l’usage après trois mois d’essai. Elle invite les organisations à expérimenter avec leurs équipes, mesurer les résultats, ajuster et partager les réussites.
La peur du changement peut retarder la modernisation du travail au Canada. L’expérimentation offre une voie concrète pour avancer : choisir une tâche avec les équipes, comparer le temps nécessaire et la qualité du résultat, ajuster puis partager les réussites. À Singapour, près de 80 % des PME participantes ont continué à utiliser les outils après un essai de trois mois. Donner aux employés le temps d’apprendre permet de faire une place à l’audace.
Nous avons d’excellentes raisons de nous poser des questions, mais de moins en moins le luxe d’attendre.
September 10, 2026
September 15, 2026
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Article
L’article « Partir, c’est partir trois fois » explique comment l’anticipation, l’expérience vécue et le souvenir façonnent un séjour touristique. Il s’appuie sur les recherches de Nawijn sur le bonheur avant et après les vacances, de Mitchell et ses collègues sur la vision rose, de Rudd, Vohs et Aaker sur l’émerveillement et le temps perçu, de Kahneman et ses collègues sur le poids de la fin d’une expérience et de Henkel sur la photographie et la mémoire. Il invite les destinations à accompagner ces trois temps du voyage.
Une destination accompagne trois expériences : le voyage imaginé, le voyage vécu et le voyage raconté. Nourrir l’attente, faciliter le séjour, créer des moments d’émerveillement et soigner le départ contribuent à l’empreinte laissée au visiteur. Mesurer la satisfaction sur place et interroger le souvenir plus tard éclairent des dimensions différentes.
Entre le voyage qu'on attend et celui qu'on raconte, il se passe quelque chose d'étrange.
September 10, 2026
September 15, 2026
Final
Article
Cet article examine le rôle des souvenirs physiques dans l’expérience touristique : tasses et bols portant un prénom, ronds de serviette, vouchers, cartes postales, aimants, passeports tamponnés et effigies du Carnaval de Québec. Il mobilise les travaux de Jean-Sébastien Marcoux sur les déménagements à Montréal (2001), une enquête de Byrom et ses collègues auprès de 19 personnes sur les aimants de réfrigérateur (2024), et les recherches de Chu et Shu sur le désir de souvenirs en fin d’expérience (2025). Les cas de Pornic, Smartbox et des parcs américains illustrent une demande commerciale, sans démontrer que chaque souvenir entraîne une hausse de fréquentation.
Les objets liés à une expérience peuvent entretenir l’attachement et réactiver les souvenirs longtemps après le retour. Les organismes touristiques peuvent soigner les gestes de personnalisation, d’écriture et de collection, ainsi que la place que ces objets prendront dans le quotidien des visiteurs.
Une tasse, un bout de carton, un prénom gravé. Pourquoi tient-on tant à rapporter ces petites choses?
September 10, 2026
September 14, 2026
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Article
Cet article est écrit par Gaëtan Namouric et publié par Perrier Jablonski, firme-conseil en stratégie basée à Montréal spécialisée en ethnographie appliquée. Il analyse les campagnes touristiques qui racontent une destination à travers ses visiteurs : les égoportraits ratés de l'Office du tourisme de Québec (2015), Unhashtag Vienna (2018) et Unrating Vienna (2019), la série Subpar Parks d'Amber Share, « Partez touriste, revenez breton » de Tourisme Bretagne (2024), The Swedish Number (2016), Un voyage jamais vu de Tourisme Québec et lg2 (2016), Stay Away d'Amsterdam (2023), l'Icelandic Pledge (2017), Aux Îles, je m'engage et le mois de silence numérique de Tourisme Îles de la Madeleine (2025), le ʔiisaak Pledge de Tofino, Closed for Maintenance des îles Féroé (2019) et CopenPay de Wonderful Copenhagen (2024). L'article relie ces cas à l'effet pratfall (Aronson, 1966), à la théorie de l'identité sociale (Tajfel et Turner, 1979), à la réactance (Brehm, 1966), à l'engagement (Cialdini, 1984), à l'indice d'irritation de Doxey (1975), à l'effet IKEA (Norton, Mochon et Ariely, 2012), au nudge (Thaler et Sunstein, 2008) et aux travaux d'Urry et de MacCannell sur le regard touristique et l'authenticité.
Les campagnes touristiques les plus mémorables racontent une destination par ce qu'elle fait à ses visiteurs. Elles activent des leviers précis : l'effet pratfall quand elles affichent leurs pires critiques, l'identité sociale quand elles promettent une appartenance, l'engagement quand elles font signer un serment, l'effet IKEA quand elles font travailler le voyageur, le nudge quand elles récompensent. Elles comportent aussi un risque : la réactance chez le visiteur ciblé, l'irritation chez l'hôte. Parler à travers le visiteur exige d'accepter sa voix.
Et si votre territoire parlait mieux de lui-même à travers ceux qui le visitent?
September 10, 2026
September 14, 2026
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Article
Cet article est écrit par Gaëtan Namouric et publié par Perrier Jablonski, firme-conseil en stratégie basée à Montréal spécialisée en ethnographie appliquée. Il examine ce que gagnent les municipalités qui laissent apparaître les personnes derrière leurs communications. En septembre 2025, Drummondville lance « Attention, on travaille pour vous! », une campagne mettant en vedette de véritables employés du Service des travaux publics. La Ville de Québec écrit sur sa page Médias sociaux qu'elle aime lire ses citoyens et les invite à venir la rencontrer. Shawinigan diffuse une vidéo sur les coulisses de la voirie; Bromont nomme les employés de son équipe du Grand défi Pierre Lavoie et donne la parole à leur capitaine, Stéphane Brochu. L'article s'appuie sur les travaux de Tom Kelleher et Barbara Miller (Journal of Computer-Mediated Communication, 2006), qui associent la voix humaine conversationnelle des organisations à la confiance et à la satisfaction relationnelle, ainsi que sur le cas de François Parolini, maire d'Itteville, actif sur TikTok depuis décembre 2021. Il rappelle qu'un prénom sans capacité de réponse ne crée aucune rencontre.
Passer du « nous » au « je » ne consiste pas à rendre une municipalité sympathique à tout prix. Il s'agit de rendre son action compréhensible à travers ceux qui la réalisent. Le logo indique l'origine du message; la personne peut en expliquer le sens. Une ville n'a pas besoin de parler comme un ami. Elle gagnerait simplement à ne plus nous répondre comme un bâtiment.
Derrière chaque avis municipal, quelqu'un a pris la décision. Quelques villes commencent à le montrer.
September 9, 2026
September 14, 2026
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Article
Le sondage de la revue Nature auprès de 5 000 chercheurs révèle une fracture profonde sur l'utilisation de l'IA dans la rédaction d'articles scientifiques. Plus de 90 % acceptent l'IA pour la correction grammaticale et la traduction ; environ un tiers s'oppose à son usage pour rédiger des premières versions. La plupart des chercheurs qui utilisent l'IA ne le divulguent pas, ce qui révèle un écart entre acceptation théorique et pratique réelle. Cet article lit ce débat comme une crise du sens de l'auteur plutôt qu'une crise technologique. L'IA produit de la prose correcte ; l'observation ethnographique, le raisonnement original et la voix distinctive d'un expert restent hors de sa portée. Pour toute organisation qui produit du contenu, la question utile devient : qu'apportez-vous qu'elle ne peut pas apporter ? C'est en y répondant qu'on mesure la valeur réelle de l'écriture professionnelle — Un article de Gaëtan Namouric, publié par Perrier Jablonski, firme-conseil en stratégie basée à Montréal spécialisée en ethnographie appliquée
L'étude de Nature portait sur des scientifiques, mais elle parle à toutes les organisations qui produisent du contenu. La vraie fracture sépare ceux qui savent ce que leur écriture contient d'irremplaçable de ceux qui ne le savent pas encore. L'IA agit comme un révélateur : elle rend soudainement visible ce qui, dans votre pensée et votre voix, a de la valeur. Ce qui n'en a pas, elle peut l'écrire à votre place. Ce qui en a, elle ne peut que vous aider à mieux le formuler.
Nature a interrogé 5 000 chercheurs sur l'IA. Le plus intéressant, c'est ce qu'ils n'ont pas dit.
September 8, 2026
September 14, 2026
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Article
Cet article est écrit par Gaëtan Namouric et publié par Perrier Jablonski, firme-conseil en stratégie basée à Montréal spécialisée en ethnographie appliquée. Il présente le concept d'anomie, de Thucydide à Guyau, puis à ses deux fondements sociologiques : Émile Durkheim, pour qui la société ne parvient plus à réguler les désirs des individus après la révolution industrielle, et Robert K. Merton, qui en 1938 relit l'anomie comme le décalage entre les buts valorisés par la culture et les moyens légitimes accessibles à tous. L'article identifie quatre manifestations contemporaines — l'hyper-individualisme numérique, la précarisation du travail, l'érosion de la confiance institutionnelle et l'éco-anxiété — puis en décrit les conséquences individuelles (anxiété, solitude, épuisement, cynisme) et collectives (polarisation, dégradation du civisme, populisme). Il propose enfin quatre pistes, chacune adossée à des travaux existants : revaloriser le lien social de proximité (Durkheim, Putnam, Klinenberg), réaligner attentes et moyens (Merton, Case et Deaton), encadrer l'espace numérique — piste jugée la moins établie, au vu des débats autour de Haidt et des travaux de Chris Bail — et redéfinir la notion de progrès autour du bien-être collectif (commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, budgets bien-être néo-zélandais).
L'anomie décrit le vide qui s'installe quand une société change plus vite que ses normes. Durkheim y voit une défaillance de la régulation des désirs ; Merton, un décalage entre les buts promis et les moyens réellement accessibles. Aujourd'hui, elle se lit dans l'isolement numérique, la précarisation du travail, la méfiance envers les institutions et l'éco-anxiété. Ses effets touchent autant l'individu que la vie publique. La réponse passe par la reconstruction de repères communs : lien de proximité, contrat social réaligné, espace numérique encadré, progrès redéfini.
Quand la société change plus vite que ses normes, un vide invisible s'installe.