




Je dois beaucoup à Luc de Brabandère. Il m’a fait découvrir la philosophie. Il m’a surtout montré qu’elle pouvait — qu’elle devait ? — jouer un rôle concret dans les organisations d’aujourd’hui.
Luc de Brabandère est philosophe, mathématicien et consultant. Mais surtout : penseur de la pensée. Depuis plus de vingt ans, il explore ce qu’il appelle la mécanique des idées, cette gymnastique intellectuelle qui permet aux entreprises — et à ceux qui les dirigent — de voir autrement, de penser autrement, donc d’agir autrement.
Il n’enseigne pas quoi penser, mais comment penser. À travers ses écrits, ses conférences et ses missions chez Boston Consulting Group, il a popularisé un concept devenu central dans la réflexion stratégique contemporaine : la boîte. Pas celle qu’on coche dans un formulaire. Celle dans laquelle on pense sans s’en rendre compte. Celle qui délimite notre vision du monde… jusqu’à ce qu’on la change.
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Dans une certification proposée par L’École Centrale de Paris, Luc propose un exercice que je lui ai emprunté dans de nombreux ateliers stratégiques. Il permet de répondre à une question simple et dérangeante : quel est votre vrai métier ? Un exercice d’induction, de déduction et de déplacement mental — pour retrouver de l’espace dans notre stratégie, et de l’oxygène dans nos idées.
Avant de commencer, deux mots sur les outils de pensée qui vont nous servir ici : l’induction et la déduction.
La déduction, c’est ce que nous faisons presque tous les jours. On part d’un cadre, d’une idée ou d’une règle — notre modèle mental — et on en tire des conséquences. Exemple : mon métier, c’est l’hôtellerie. Donc je vais améliorer l’accueil, revoir mes chambres, optimiser mes services. On reste dans la boîte.
L’induction, à l’inverse, commence dans le réel. On observe le monde, les signaux faibles, les comportements des clients, les frictions invisibles. Et on essaie d’en faire émerger une nouvelle manière de penser ce qu’on fait. C’est plus risqué, moins balisé — mais infiniment plus fertile. C’est le mouvement vers une nouvelle boîte.
En stratégie comme en créativité, la clé est souvent là : savoir quand déduire pour affiner, et quand induire pour se réinventer.
Voici comment ce basculement s’est produit chez Bic. Et surtout : comment vous pouvez, vous aussi, l’utiliser pour penser autrement votre propre organisation.
Nous sommes juste après la Seconde Guerre mondiale, dans une France en reconstruction. En 1945, Marcel Bich, un industriel d’origine italienne, crée avec Édouard Buffard la société PPA à Clichy, spécialisée dans les pièces pour stylos. Visionnaire, Bich repère rapidement le potentiel du stylo à bille, alors balbutiant. En 1949, il rachète la licence du procédé mis au point par László Bíró, qu’il perfectionne grâce à des techniques issues de l’horlogerie. En 1950, il lance le Bic Cristal, un stylo simple, fiable, économique — conçu pour être vendu en masse et jeté après usage. Dès 1953, la marque BIC (sans le h final de Bich) est officiellement lancée. En quelques années, le Bic Cristal s’impose dans les trousses scolaires, les bureaux et les poches du monde entier. Ce n’était pas un simple produit : c’était la naissance d’un nouveau modèle industriel, et d’un imaginaire du quotidien.
Et puis un jour, une autre question a surgi chez Bic. Et si notre métier n’était pas l’écriture ? Ce simple déplacement a tout changé. Il a ouvert une nouvelle boîte. Une boîte qui permettrait à l’entreprise de sortir de son cadre historique… et d’inventer autre chose.
Voici l’exercice, étape par étape.
Commencez par une phrase simple : « Nous faisons… », « Nous sommes dans l’industrie de… », ou « Notre métier, c’est… ». Restez concret, évident, simple, vrai. C’est l’actuel, pas le désiré.
Par exemple, Bic aurait pu écrire : « Notre métier, c’est l’écriture. » Cette définition oriente naturellement les décisions à venir.
Complétez ensuite : « Voici ce que nous faisons présentement… », par déduction. Ce mouvement est logique. Il illustre, il détaille. Il reste dans le cadre. Chez Bic, au début des années 70 : « Notre métier, c’est l’écriture, et voici ce que nous faisons présentement : des stylos-bille, des stylos microfilm, des stylos quatre couleurs, des stylos-mines, des surligneurs, mais aussi du correcteur liquide, etc. »
Faites une liste la plus exhaustive possible de vos produits et services actuels.

Voici la bascule. On oublie la phrase « notre métier, c’est… » et on regarde la liste autrement. Que fabriquons-nous vraiment ?
Toutes les réponses sont bonnes à ce stade. Il faut multiplier les hypothèses.
Chez Bic, la conversation aurait pu aller dans tous les sens : « On fait des objets jetables ? Des accessoires de bureau ? Des objets bon marché ? Des achats d’impulsion ? Des objets qui tiennent dans la main ? »
Ce moment est le cœur de l’exercice. C’est ici que naissent les nouvelles boîtes.
Choisissez l’hypothèse qui vous semble la plus fertile.
Chez Bic, c’est l’idée d’« objet jetable » qui prend le dessus. L’entreprise n’est plus un acteur de l’écriture, mais un spécialiste des produits à usage unique, fonctionnels, bon marché. Cette décision a changé le destin de Bic. « Notre métier, c’est le jetable » était peut-être une bonne idée en 1970, mais serait difficile à défendre en 2025.

Une fois la nouvelle boîte choisie, on en tire des idées. Si notre métier est le jetable, alors on peut imaginer : des rasoirs, des briquets, des accessoires de voyage, des kits d’hygiène, des objets saisonniers.
Ce ne sont plus des variantes du même produit. Ce sont des propositions nouvelles, alignées sur une nouvelle définition du métier.
Ce nouveau cadre est-il cohérent avec vos compétences ? Est-il crédible pour vos clients ? Enthousiasmant pour vos équipes ? S’il résiste à ces trois filtres, vous venez peut-être de redéfinir votre métier.
Et même si vous n’inventez rien de nouveau tout de suite, vous avez désormais une autre manière de penser ce que vous faites.

On parle souvent de sortir de la boîte. Mais encore faut-il savoir de quelle boîte on parle — et par quoi la remplacer. L’exercice proposé par Luc de Brabandère n’est pas une gymnastique intellectuelle. C’est un outil pour transformer nos évidences en choix. Et parfois, ces choix redéfinissent tout : le métier, le cap, l’histoire qu’on se raconte.
Pour réaliser la puissance de ce genre de démarche, je vous conseille un article que nous avons consacrés à La Poste française, qui s'est totalement réinventée en deux décennies : La Poste : l’incroyable réinvention d’un géant.
Nous pensons à travers un cadre, une boîte mentale, souvent invisible, mais bien réelle. Tant qu’on reste à l’intérieur, on peut innover, mais on reste dans le connu. L’induction permet d’en sortir, en partant de ce qu’on fait réellement pour imaginer un autre métier possible. Ce nouveau regard ouvre la voie à des idées différentes, mieux alignées avec ce que le monde attend — ou ce que vous voulez vraiment proposer. Ce n’est pas un exercice abstrait, mais une méthode pour faire de la place dans votre stratégie, et retrouver le fil du sens. Car parfois, une bonne question vaut mieux qu’un plan.
Publié pour la première fois en 1959. Le titre complet en anglais est "The Sleepwalkers: A History of Man's Changing Vision of the Universe" et en français "Les Somnambules : Essai sur l'histoire des conceptions de l'Univers". Dans cet ouvrage, Koestler explore l'évolution des idées et des théories scientifiques concernant l'univers, en mettant l'accent sur l'astronomie et la cosmologie.
Le livre est divisé en trois parties, chacune se concentrant sur des périodes spécifiques de l'histoire des sciences :
Dans "Les Somnambules", Koestler soutient que les progrès scientifiques résultent souvent d'une combinaison de créativité, de persévérance et de hasard, et que les scientifiques eux-mêmes sont souvent inconscients des implications de leurs découvertes. Le livre souligne également que la science est un processus en constante évolution, et que les idées et les théories évoluent en réponse à de nouvelles découvertes et expériences.
En somme, "Les Somnambules" est un ouvrage historique et philosophique qui explore l'évolution des idées scientifiques sur l'univers et les forces qui ont façonné la manière dont les humains perçoivent le cosmos.
"The Act of Creation" (titre original) est un livre écrit par Arthur Koestler et publié pour la première fois en 1964. Dans cet ouvrage, Koestler examine les processus de la créativité et explore comment les idées créatives émergent dans les domaines de l'art, de la science et de l'humour. Le livre est divisé en deux parties principales : la première partie traite des processus cognitifs et émotionnels impliqués dans la créativité, tandis que la seconde partie présente des études de cas et des exemples concrets pour illustrer les concepts développés dans la première partie.
Dans la première partie, Koestler introduit le concept de "bisociation", un néologisme qu'il utilise pour décrire le mécanisme de la pensée créative. La bisociation est l'acte de combiner deux cadres de référence apparemment disjoints ou incompatibles pour créer une nouvelle idée, une nouvelle perspective ou un nouveau concept. Koestler soutient que la créativité émerge lorsque ces cadres de référence sont combinés de manière inattendue, permettant ainsi de voir des relations et des connexions qui n'étaient pas apparentes auparavant.
Koestler explique que la bisociation se produit dans tous les domaines créatifs, qu'il s'agisse de l'art, de la science ou de l'humour. Dans le domaine de l'art, la bisociation se manifeste par l'association d'émotions et de symboles pour créer une expérience esthétique unique. En science, la bisociation implique la découverte de nouvelles relations entre des faits ou des concepts apparemment sans rapport, conduisant à des percées et des révélations scientifiques. En ce qui concerne l'humour, la bisociation permet de relier des idées ou des situations de manière inattendue, créant ainsi un effet comique.

Dans la seconde partie du livre, Koestler présente divers exemples et études de cas pour illustrer comment la bisociation fonctionne dans la pratique. Il explore les processus créatifs de personnalités historiques telles que Archimède, Galilée, Kepler et Einstein, et analyse comment leurs découvertes scientifiques sont le résultat de la bisociation d'idées et de concepts.
"The Act of Creation" est un livre ambitieux qui tente de fournir une explication unifiée de la créativité et de son rôle dans la pensée humaine. Koestler soutient que la créativité est un processus universel qui se manifeste dans tous les domaines de la vie et que la compréhension de ce processus peut nous aider à mieux appréhender notre propre potentiel créatif.
Essai écrit par Arthur Koestler en 1967, qui porte sur l'évolution de la science et de la technologie et leur impact sur la société. Bien qu'il n'y ait pas de résumé détaillé du livre, voici quelques points clés qui peuvent vous aider à en saisir les grandes lignes.
En somme, "Le Cheval dans la Locomotive" est un essai qui explore la relation complexe entre la science, la technologie et la société. Koestler invite les lecteurs à réfléchir aux défis et aux opportunités que présentent la science et la technologie, et à trouver un équilibre entre le progrès et la préservation des traditions et des valeurs humaines.
Attention, ce contenu est plutôt réservé à un public adulte et consentant.
Les plus tatillon.nes d'entre vous ont déjà une réserve. Elle tient du fait qu'un gars qui s'aventure à parler de plaisir féminin relève aujourd'hui du mansplanning, voire de la réappropriation culturelle — ou sexuelle dans ce cas. Et bien justement, c'est l'histoire que je vais vous raconter...
Cette histoire commence en 2013, en Allemagne. Michael Lenke a 65 ans et il est inventeur depuis ses 27 ans. Électronique, médecine, horticulture, systèmes d'alarme... Jusque là, le patenteux patenté avait collectionné les gadgets approximatifs, passant du succès d'estime au flop monumental.
C'est alors qu'il tombe sur un article américain qui titrait 50% des femmes n'atteignent pas l'orgasme. Incrédule (et inquiet), il en parle à sa femme. Les langues se délient et une idée surgit de la conversation : révolutionner le plaisir féminin.
Michael se passionne alors pour l'étude de l'anatomie féminine et multiplie les rencontres avec des gynécologues pour mieux cerner le problème. C'est alors qu'il découvre ce que toutes les femmes savaient avant lui : le plaisir féminin repose principalement sur la stimulation clitoridienne. Mais alors pourquoi tous les jouets sexuels depuis l'Antiquité étaient-ils axés sur le plaisir interne? Tout simplement parce qu'ils étaient conçus comme des substituts au sexe masculin. Dans le fond, les jouets sexuels étaient pensés pour l'ego des hommes, et pas le plaisir des femmes.
Pour Michael, il fallait passer de la vibration à la succion, du mouvement à l'aspiration. C'est alors que lui vient l'idée de reproduire les sensations de la fellation, tout en l'adaptant aux femmes. Inspiré par ses bons vieux réflexes de bricoleur, il décide de brancher une pompe d'aquarium sur un bloc d'alimentation. Son prototype est né. Empêtré dans les fils électriques et les tubes de plastiques, il vient présenter son invention à sa femme — qui était en plein repassage de vêtements. Il l'implore de l'essayer sur-le-champ. Le résultat est... catastrophique. Il l'assume; "quand j'ai conçu mes premiers prototypes... les souffrances de Brigitte ont commencé." Plusieurs dizaines d'essais plus tard, il capitule sous les critiques de madame : la succion était beaucoup trop forte.
Mais le couple s'accroche. À force d'essais-erreurs, d'échecs et de réglages, Brigitte Lenke finit par approuver un prototype. Nous sommes en 2013 et le Womanizer voit le jour. "Une sensation totalement nouvelle" dit-elle, "un orage qui s'empare du corps entier et qui efface toutes les pensées."
Avant 2013, un womanizer était un homme séduisant, doté d'un charme magnétique et d'un physique attirant. Mais l'homme est aussi un animal étrange qui a pour obsession d'inventer des machines pour le remplacer. Le Womanizer allait bientôt se substituer au womanizer.

Il fallait maintenant trouver d'autres cobayes pour tester l'appareil révolutionnaire — et c'est Brigitte qui va avoir l'idée de visiter un club libertin pour y faire essayer le prototype. Questionnaire en main, le couple va sur le terrain pour recueillir les impressions des candidates. Âge, durée pour arriver à l'orgasme, intensité du plaisir, etc. Tout est mesuré. Résultat : 93% des femmes avaient atteint l'orgasme. La commercialisation pouvait démarrer.
Brigitte propose de fixer le prix à 199€. Michael n'y croit pas une seconde, et préférerait un prix plus agressif (99€), inspiré des jouets concurrents. Brigitte insiste "Autant de plaisir, ça a un prix!". Ça sera 199€.
La première expérience de vente du couple se déroule dans un salon professionnel de l'érotisme à Hong Kong. Les Lenke montent un kiosque avec une promesse ambitieuse : "orgasme garanti". Leur slogan fait d'eux la risée de tous les professionnels du secteur, qui ne manquent pas de venir les voir pour les décourager. Pour leur prouver leur bonne foi, le couple a l'idée d'offrir un jouet à chaque distributeur... afin qu'ils l'essayent avec leur femme, de retour à l'hôtel. Le lendemain, c'est la file devant leur kiosque. Les commandes pleuvent. Les contrats de distribution se multiplient. Europe, États-Unis, le monde entier va bientôt découvrir le Womanizer.
Dès la première année, le couple réalise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros. Brigitte et Michel Lenke venaient enfin de décrocher le gros lot. Le succès a été immédiat, surtout en Suisse, en Allemagne, dans les pays scandinaves et en France. Le décollage a été plus lent en Espagne, en Italie ou en Grèce, où le machisme règne encore. Aujourd'hui, les Lenke estiment que 30 à 40% des femmes utilisent le Womanizer en cachette dans ces pays-là.
Les derniers chiffres de 2022 évoquent des ventes de 22 millions USD pour les États-Unis seulement. Le Womanizer a été une véritable révolution, bienvenue, pour une époque qui s'intéresse enfin au plaisir féminin. Mais est-ce vraiment tout?
Pourquoi cette histoire est-elle si intéressante? Parce qu'elle illustre parfaitement les étapes du Design Thinking, le processus de concrétisation de l'innovation.
Attention cependant. L'histoire de Lenke ne doit pas vous laisser sous l'impression que toutes ces étapes peuvent — ou doivent — être menées par une seule et même personne — ou un seul et même couple. Dans une équipe, nous avons tous des forces précises à mettre à disposition à telle ou telle étape. Mieux vaut miser sur ces forces, c'est la clé du succès. Un autre secret? Le plaisir, justement. Si vous avez du plaisir en inventant, en créant, en prototypant ou en déployant, alors c'est gagné.
Si vous n'en avez pas... Eh bien... Vous savez quoi faire... 😇
Certains leaders sont connus pour leur capacité à opérer avec peu de sommeil. Napoléon Bonaparte était réputé pour ne dormir que quelques heures par nuit. Tout comme Emmanuel Macron, connu pour être un petit dormeur, mais aussi Voltaire, Mozart ou Elon Musk. On en trouve aussi beaucoup dans le domaine de l'économie: Tim Cook, patron d'Apple, se lèverait à 3h45 chaque matin, Anna Wintour, la grande patronne de Vogue, n’arriverait jamais au bureau après 6h, idem pour Jack Dorsey, l'ancien patron de Twitter. Ils sont partout. Ils sont puissants. Pour dormir peu, on se lève tôt. Un auteur leur a consacré un ouvrage dévot: Miracle Morning. Évidemment ce n'est pas qu'un livre, c'est aussi des vidéos, un film, un site web... et des tasses — ce n'est pas une blague❶. En gourou-commerçant avisé, Hal Elrod y étale la science du Early morning, qui consiste à se botter le cul avant 5h30 afin de «dédier un moment à la personne que nous souhaitons devenir» (sic!) Le tout se fait en 6 étapes : silence, affirmations, visualisation, exercice, lecture et écriture...
C'est le résumé de Jonathan Crary qui a étudié le phénomène dans 24/7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil❷. Il observe qu'entre les injonctions à se coucher tard, celles à se lever tôt et les notifications permanentes, le système capitaliste a fini par capturer tous les moments de repos pour des employés et gestionnaires maintenant soumis à un rythme devenu insupportable. On est passé de 10h de sommeil quotidien à 6h aux États-Unis, voire 5h pour certaines populations. Et c'est un problème.
Au-delà de tous les problèmes de fatigue, la privation de sommeil provoque des manques biologiques de toutes sortes. Une question se pose alors. Les génies sont-ils tous insomniaques? Bien sûr que non! Existe-t-il des exemples d'illustres grands dormeurs? Bien sûr que oui!
Albert Einstein dormait 10 à 12 heures par nuit. Salvador Dali dormait beaucoup le jour. Léonard de Vinci, Victor Hugo ou encore Darwin dormaient beaucoup. Mariah Carey, Churchill, Cristiano Ronaldo sont tous connus pour être de grands dormeurs. Même Elon Musk, cité plus tôt, est devenu un repenti de la privation de sommeil, avouant que s'il restait éveillé longtemps, il devenait également moins productif, et qu'en dessous de six heures de sommeil, il ressentait des douleurs cérébrales. Visiblement, l'oligarque a encore changé d'idée, si on se fie à l'illustration ci-dessous, tirée de reddit✱. On peut observer son hyperactivité, avec les conséquences désastreuses qu'on a pu observer début 2025.
Pareil pour Jeff Bezos qui a déjà déclaré que ses 8h de sommeil étaient absolument prioritaires sur tout le reste. Même chose pour Bill Gates qui, après s'être longtemps vanté d'être un petit-dormeur suroccupé, a confessé dormir beaucoup plus aujourd'hui pour des raisons similaires.

Matthew Walker, directeur du Center for Human Sleep Science — UC Berkeley, a étudié les effets de la privation de sommeil. Elle sape la créativité, la résolution de problèmes, la prise de décision, l'apprentissage, la mémoire, la santé cardiaque, la santé cérébrale, la santé mentale, le bien-être émotionnel, le système immunitaire et même la durée de vie. Walker conclut : « La décimation du sommeil dans les pays industrialisés a un impact catastrophique ». C'est quand même fascinant de voir que des gens si intelligents ont pu faire quelque chose d'aussi idiot que de se priver de sommeil.
Alors non, les petits dormeurs ne dominent pas le monde. Mais attention à ne pas confondre les petits dormeurs, et celles et ceux d'entre nous qui dorment différemment des autres. Car non, il n'existe pas qu'UN type de sommeil universel.
Il existe donc plusieurs types de sommeil. D'abord, le sommeil polyphasique est un sommeil fractionné, entre la nuit et le jour. Notre corps adapte nos périodes d'endormissement pour gérer le sommeil léger, profond et paradoxal (que je ne couvrirai pas ici). Ensuite, le sommeil médiéval : au Moyen Âge, on pratiquait la technique des "deux sommeils"❸. On s'endormait tôt pour se réveiller au beau milieu de la nuit, et effectuer les tâches du quotidien. Un peu plus tard dans la matinée, on retournait se coucher pour plusieurs heures. Il n'existe donc pas de sommeil "universel". Certains dorment peu la nuit, mais se rendorment le jour, certains dorment beaucoup, certains dorment tout le temps...
Donc, il n'a jamais été démontré que dormir peu ferait de nous des génies. Ce qu'on sait en revanche, c'est qu'il existe un moment fatidique pour les créatifs...
Il s'agit d'un moment bien précis, l'endormissement. On connait depuis longtemps les vertus de cette phase de sommeil. L'état hypnagogique est le moment juste avant de s'endormir, et c'est aussi une phase où la créativité peut être exacerbée. Cet état intermédiaire entre l'éveil et l'inconscient stimule des idées créatives. Des personnalités comme Thomas Edison et Salvador Dali utilisaient des techniques pour se réveiller précisément à ce moment-là afin de stimuler leur créativité. Edison s'endormait au retour du dîner avec une boule de métal dans la main. Au fil de son endormissement, ses muscles se relâchaient, et ses doigts se desserraient autour de la boule de métal, qui finissait par tomber sur le sol et le réveiller. Il prenait alors en note les idées qu'il avait à ce moment précis.
Scientifiquement, on appelle aussi ce moment la phase N1. Delphine Oudiette est médecin à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale à Paris. Elle s'est intéressée à l'état hypnagogique et à son lien avec la créativité. Elle a mené une étude❹ pour explorer l'impact de cet état sur la résolution de problèmes complexes. Dans son étude, 103 participants ont été invités à résoudre un problème mathématique, puis à dormir en s'allongeant sur un siège inclinable dans une pièce sombre, avec une bouteille dans une main qui les réveillait en tombant sur le sol. Parmi les participants, 24 ont connu au moins un épisode de 30 secondes de sommeil N1 pendant leur phase de repos, 14 autres sont passés du N1 à un stade de sommeil plus profond, tandis que les autres ne se sont pas endormies du tout. Les résultats ont montré que 83% des participants qui avaient atteint le stade hypnagogique ont trouvé la solution au problème mathématique, contre seulement 20% de ceux qui étaient restés éveillés. Les sujets ayant atteint la phase N1 étaient 3 fois plus susceptibles de résoudre les problèmes de maths que ceux qui sont restés éveillés, et 6 fois plus susceptibles de résoudre les problèmes que ceux qui étaient passés à un stade de sommeil plus profond.
En conclusion, s'endormir rend créatif. Ouvrir la porte de nos rêves aide à régler des problèmes. Ces résultats ont largement intéressé la communauté scientifique. Adam Haar Horowitz, du M.I.T. juge que l'état hypnagogique est un «nouveau type de conscience que les gens n'ont pas exploré». Alors... Hop! Au dodo!
Autant l'innovation est sur toutes les lèvres, autant elle ne veut pas dire la même chose dans toutes les bouches. Autant la créativité est dans tous les plans stratégiques des entreprises, autant elle ne nomme pas le même concept partout. Alors, comment s'entendre sur des attentes communes alors que même le vocabulaire n'est pas unifié?
Je me suis permis d'agglomérer les réflexions de plusieurs penseurs — et passeurs — sur la question. Je voudrais nommer par exemple Steven Eppinger (M.I.T.), Xavier Pavie (ESSEC) ou encore Etienne Klein (CEA). J'ai osé compiler, résumer l'essentiel pour en arriver à une formulation claire, efficace et — je l'assume — un peu mécanique. J'ai essayé de créer une chaîne logique qui lie ces notions entre elles. Mon ambition : aider les organisations à naviguer dans le monde des idées avec un vocabulaire universel, avec des mots qui veulent dire la même chose pour tout le monde. C'est parti!
Les humains sont dotés d'imagination. Nous avons ce super pouvoir. Notre cerveau est capable de se représenter quelque chose qui n'existe pas dans le réel. Fermez les yeux et imaginez que vous chantez devant 15 000 personnes au Centre Bell. Imaginez les détails de la foule, imaginez la scène, l’éclairage, la petite lumière là-bas indiquant la sortie, le trac aussi… Bon. Rien de tout ceci n’était vrai et pourtant, sous vos paupières fermées, vous l’avez vu. Cela marche aussi avec les mots, une logique, un raisonnement et même des sentiments ou des sensations. Par exemple, l’angoisse n’est pas la peur d’un danger réel et imminent. L’angoisse, c’est votre imagination qui fabrique en vous des émotions réelles... sans fondement réel — comme la salle de concert que nous venons d’imaginer.
→ Faire exister ce qui n'existe pas, c’est le pouvoir de l’imagination. Fabriquer des images mentales qui n’ont, à cet instant, aucune réalité. Mais ça marche aussi avec la tarte aux pommes. Je peux fermer les yeux et imaginer une belle tarte aux pommes. Je peux la faire exister dans mon imagination, dans ma tête… Non, mais quel pouvoir!
Notre deuxième super pouvoir, c’est notre capacité à utiliser notre imagination pour régler un problème. C'est ce que l'on nomme la créativité. Attention, je circonscris volontairement cette définition au monde des organisations. La création divine, la création artistique, la création naturelle sont de nature différente. Dans le monde des organisations, la créativité est la capacité d'imaginer une solution donnée à un problème donné.

Admettons qu’on soit en 1998. J’ai une belle collection de CD, et — si je suis chanceux — un Walkman laser Sony D-e221 (mais ça marche aussi avec d’autres modèles). Je dois traîner avec moi un petit classeur en polyester, avec de petits intercalaires en feutre, pour trimballer avec moi tous mes albums préférés. Pire encore, je suis obligé de choisir quels albums apporter avec moi ou laisser à la maison. J’ai donc un problème à résoudre.
En 1998, le format de fichier MP3 existe depuis 5 ans déjà et Winamp lit déjà les MP3 sur PC depuis moins d'un an… Mais pourquoi ne pas l’utiliser dans un lecteur portable? Je ferme les yeux… et je peux imaginer une sorte de mini-ordinateur portable, avec un disque dur comportant des fichiers MP3. Comme un Walkman, mais avec un disque dur à la place du lecteur de CD… Non?! Dans ma tête en tout cas, ça fonctionne.
→ La créativité, c’est la capacité à régler un problème avec mon imagination — et ça marche aussi avec la tarte aux pommes! Admettons que je veuille cuisiner. Je tombe sur la recette parfaite de la tarte aux pommes, mais… Patatra, je n’ai plus de pomme! Qu’à cela ne tienne, j’ai des poires et je m’adapte. Face à un problème, j’ai utilisé mon imagination pour concocter une solution. Mais tout est dans ma tête encore.
Il arrive que des idées nouvelles ne soient pas réalisables, ou pas viables, ou simplement pas dignes d'exister dans le réel. Mais si, face à toutes les options disponibles dans mon esprit, je décide de donner vie à l’une d’elles, à la seconde où cette idée prend vie, au moment où vous construisez quelque chose de réel et de nouveau... alors cela devient une invention.
La notion de nouveauté est imbriquée dans l’idée d’invention. Si j’utilise toute ma technique et tout mon talent à fabriquer une chaise, alors j’ai… simplement confectionné une chaise, je n’ai pas inventé la chaise. En revanche, je peux avoir inventé un nouveau type de chaise, un nouveau design de chaise, une chaise dans un matériau impensable jusqu’alors. Et puis, cette invention peut être une nouveauté pour moi, mais une réalité déjà existante ailleurs, sans que je ne le sache. Si j’invente une chaise à six pattes, alors — sous toutes réserves — c’est nouveau. Si après vérification, la chaise à six pattes a déjà été inventée, alors je n'ai pas inventé cette chaise. Oui, je l'ai créée, mais quelqu'un d'autre l'avait pensée avant moi. Et s'il a déposé une demande de brevet, alors je ne serai jamais l'inventeur officiel de la chaise à six pattes.
Cette idée n’a pas besoin d’existence physique en tant qu’objet. Elle peut exister simplement sur le papier, mais elle doit avoir une forme universelle — une description, un dessin, un modèle 3D, etc. — de manière à la partager avec le monde entier, pour en clamer la paternité, ou la maternité. Pensez à l’hélicoptère, la mitraillette et le tank, tous trois inventés par Léonard de Vinci vers 1482, mais réalisés plus de quatre siècles plus tard. Pensez aussi à tous ces milliers de demandes de brevets déposées chaque jour auprès des autorités responsables de protéger la propriété intellectuelle.

Retournons en 1998. Si je saisis un fer à souder et quelques composants électroniques, que j’arrive à brancher un microprocesseur de base et un écran LCD, je peux inventer le lecteur MP3. Je branche mon casque d’écoute, tout fonctionne... Je viens d’accoucher de mon idée. Je viens d’inventer quelque chose. Mieux encore, je viens de réaliser cette invention. Cette idée est passée de mon imagination à un objet réel, aussi imparfait soit-il. C'est une invention!

→ Une invention est une idée nouvelle et accouchée. Si vous avez utilisé votre imagination pour régler un problème, si vous avez su expliquer cette solution de quelque manière que ce soit, et si ce concept est nouveau, alors bonne nouvelle, vous avez officiellement inventé quelque chose. Mauvaise nouvelle, ça ne marche pas avec la tarte aux pommes-aux-poires. Si, manquant de pommes, j’ai créé la tarte aux poires, je n’ai pas inventé la tarte aux poires. Elle existait avant moi.
Vous vous souvenez peut-être du Rio PMP300 Player de Creative Labs, souvent cité comme le premier MP3 en novembre 1998. C’est injuste, car le véritable inventeur de cet objet révolutionnaire est SaeHan, une entreprise sud-coréenne, qui avait accouché du MPMan F10 le premier, et avait mis sur le marché son lecteur quelques mois avant Creative Labs. Mais c'est injuste, car l'invention du lecteur MP3 date de 20 ans plus tôt. Kane Kramer et James Campbell, alors âgés de 21 et 23 ans, ont une idée géniale.
Nous sommes en 1979 et les deux Britanniques imaginent un lecteur de musique portable de la taille d'un paquet de cigarettes, avec un écran et quatre boutons de navigation, que l'on pourrait remplir à travers une musique dématérialisée qui passerait par les fils téléphoniques. Ils avaient aussi décrit une boutique en ligne (et physique) où l'on pourrait acheter des titres à la pièce, pour quelques sous. Ils avaient baptisé ce système IXI. Mais on était 7 ans avant l'ordinateur personnel, 14 ans avant l'invention du format MP3, et à peu près 20 ans avant la popularisation du réseau Internet. Ils déposent une demande de brevet, mais tardent à accoucher d'un prototype... et tardent, et tardent...

Les IXI, Rio et MPMan n’ont pas survécu à l’histoire. Combien d'inventions tombent dans l'oubli? Inutiles, farfelues, inaccessibles, incomprises, ou peut-être mal nées, au mauvais endroit, au mauvais moment... On peut inventer sans innover. Quelle est la différence? L'innovation est une invention qui a réussi, en terme économique. Il faut que votre invention soit adoubée, approuvée par le marché.
Kramer, Campbell, Creative Labs et SeaHan ont inventé le lecteur MP3, certes... mais la véritable innovation — celle qui va changer le marché, bousculer les usages ou les codes — c'est Apple avec l’iPod. Apple n’a pas inventé le lecteur MP3. Mais l’iPod était l'aboutissement de cette invention, et par son succès, il est devenu une innovation — en réussissant à percer le marché de manière significative, à changer notre manière d’écouter de la musique, d’acheter de la musique, etc. Et cette innovation a été le début d’une série d’autres innovations très lucratives pour la marque, la plus grande étant iTunes (l'idée de Kramer et Campbell), qui allait changer l’industrie musicale à jamais. L’innovation implique les notions de succès et de chamboulement d’une industrie. Non, ça ne marche pas avec la tarte aux poires, à moins que vous ne réussissiez à la faire entrer dans un tube de pâte à dents, et que tout le monde capote.
→ Une innovation, c'est une invention qui a trouvé son public, qui a connu un succès commercial évident.
Pour la petite histoire, Apple a finalement reconnu en cour que la paternité de l'iPod revenait à Kane Kramer, même si ce dernier ne reçut jamais un centime des ventes des 163 millions d'iPods vendus depuis 2001. Ruiné, il a dû fermer sa boutique de meubles en 2007.

Voici donc la chaîne logique — et même causale — qui nous permet de passer de l'imagination à l'innovation :
❶ L’imagination est notre capacité à échapper au réel et produire des images, des raisonnements ou des pensées dans notre esprit.
❷ La créativité, c'est l'imagination appliquée à un problème.
❸ L'invention, c'est la créativité appliquée au réel.
❹ L'innovation, c'est l'invention appliquée au marché. Je pourrais même poursuivre la réflexion en proposant :
❺ Le progrès, c'est l'innovation appliquée au bien commun, à un futur enviable. Mais ça, c'est une autre histoire...
Comprendre ces divers types d'esprits créatifs est essentiel pour plusieurs raisons. D'abord, cela permet de mieux se connaître soi-même, de reconnaître ses forces et ses faiblesses, et d'exploiter son potentiel au maximum. Ensuite, cette compréhension favorise la collaboration et l'innovation en équipe, car elle valorise la diversité des approches et des idées. Enfin, elle ouvre la porte à une plus grande flexibilité intellectuelle, permettant de s'adapter aux situations changeantes et de trouver des solutions originales et efficaces.
Dans cet article, nous explorerons les principaux types d'esprits créatifs, en les illustrant par des exemples concrets et des applications pratiques. Du plus logique au plus audacieux, chaque type d'esprit créatif a ses propres caractéristiques et façons d'aborder la créativité. Que vous soyez un penseur analytique ou un rêveur imaginatif, vous découvrirez comment tirer parti de votre propre style tout en vous ouvrant à d'autres façons de penser.
L'esprit analytique et méthodique s'appuie sur une approche rationnelle et systématique. Ce type de créatif aime décomposer les problèmes en éléments plus petits, analyser les données et trouver des solutions logiques. Les personnes avec cet esprit sont organisées, précises et attentives aux détails. Par exemple, un ingénieur qui résout des problèmes complexes en utilisant des méthodes de décomposition est un parfait exemple de ce type d'esprit. Ils peuvent exceller dans des domaines tels que les mathématiques, la physique et la programmation, où la rigueur et la précision sont primordiales.
L'esprit pratique se concentre sur la recherche de solutions concrètes et applicables. Il valorise l'efficacité, la fonctionnalité et les résultats tangibles. Les individus avec cet esprit sont souvent ingénieux, débrouillards et orientés vers l'action. Par exemple, un chef de projet qui trouve des moyens innovants pour améliorer l'efficacité de son équipe tout en respectant les délais et les budgets démontre cet esprit créatif. Ils sont les champions de l'application pratique des idées théoriques, transformant les concepts en réalisations tangibles.
Cet esprit est avide de connaissances et aime découvrir de nouvelles idées. Il est ouvert d'esprit, pose beaucoup de questions et fait des connexions inattendues entre différents domaines. Les personnes avec cet esprit sont souvent polyvalentes, adaptables et ont une grande soif d'apprendre. Un exemple typique est celui du chercheur scientifique qui explore des territoires inconnus dans la quête de nouvelles découvertes, ou de l'entrepreneur qui s'inspire de diverses industries pour créer une nouvelle startup innovante.
L'esprit intuitif se fie à son instinct et à sa capacité à percevoir des tendances et des possibilités futures. Il a une vision globale, pense à long terme et n'a pas peur de remettre en question le statu quo. Les individus avec cet esprit sont souvent des leaders charismatiques et des innovateurs. Steve Jobs, avec sa capacité à anticiper les besoins des consommateurs et à révolutionner l'industrie technologique, incarne parfaitement ce type d'esprit créatif. Leur force réside dans leur capacité à voir au-delà des évidences et à imaginer des futurs possibles.
Ce type d'esprit laisse libre cours à son imagination et aime s'évader dans des mondes fantastiques. Il est très créatif, poétique et a une grande sensibilité artistique. Les personnes avec cet esprit sont souvent des conteurs nés, des visionnaires et des créateurs originaux. Par exemple, J.K. Rowling, avec son univers magique d'Harry Potter, est une manifestation éclatante de cet esprit créatif. Leur imagination sans borne leur permet de créer des œuvres qui touchent et inspirent des millions de personnes à travers le monde.
L'esprit non-conformiste aime bousculer les conventions et provoquer des réactions. Il remet en question les idées reçues, aime être différent et n'a pas peur du jugement des autres. Les individus avec cet esprit sont souvent des artistes avant-gardistes, des libres penseurs et des révolutionnaires. Un exemple emblématique est Banksy, l'artiste de rue connu pour ses œuvres provocatrices qui questionnent la société moderne. Leur courage à défier les normes établies leur permet de repousser les frontières de l'art et de la pensée.
En réalité, la plupart des gens ont une combinaison de ces différents types d'esprits créatifs. Un designer pourrait avoir un esprit imaginatif et rêveur pour concevoir des concepts originaux, tout en ayant un esprit pratique et pragmatique pour réaliser ces concepts de manière fonctionnelle. L'important est de cultiver sa propre créativité en s'appuyant sur ses forces tout en s'ouvrant à d'autres façons de penser.
Pour maximiser notre potentiel créatif, il est essentiel de créer un environnement propice à l'exploration et à l'innovation. Voici quelques conseils pour y parvenir :
En fin de compte, la créativité est un voyage personnel et unique. En comprenant et en cultivant les différents types d'esprits créatifs, nous pouvons non seulement enrichir notre propre vie, mais aussi apporter des contributions significatives à notre société.