




Comprendre ces divers types d'esprits créatifs est essentiel pour plusieurs raisons. D'abord, cela permet de mieux se connaître soi-même, de reconnaître ses forces et ses faiblesses, et d'exploiter son potentiel au maximum. Ensuite, cette compréhension favorise la collaboration et l'innovation en équipe, car elle valorise la diversité des approches et des idées. Enfin, elle ouvre la porte à une plus grande flexibilité intellectuelle, permettant de s'adapter aux situations changeantes et de trouver des solutions originales et efficaces.
Dans cet article, nous explorerons les principaux types d'esprits créatifs, en les illustrant par des exemples concrets et des applications pratiques. Du plus logique au plus audacieux, chaque type d'esprit créatif a ses propres caractéristiques et façons d'aborder la créativité. Que vous soyez un penseur analytique ou un rêveur imaginatif, vous découvrirez comment tirer parti de votre propre style tout en vous ouvrant à d'autres façons de penser.
L'esprit analytique et méthodique s'appuie sur une approche rationnelle et systématique. Ce type de créatif aime décomposer les problèmes en éléments plus petits, analyser les données et trouver des solutions logiques. Les personnes avec cet esprit sont organisées, précises et attentives aux détails. Par exemple, un ingénieur qui résout des problèmes complexes en utilisant des méthodes de décomposition est un parfait exemple de ce type d'esprit. Ils peuvent exceller dans des domaines tels que les mathématiques, la physique et la programmation, où la rigueur et la précision sont primordiales.
L'esprit pratique se concentre sur la recherche de solutions concrètes et applicables. Il valorise l'efficacité, la fonctionnalité et les résultats tangibles. Les individus avec cet esprit sont souvent ingénieux, débrouillards et orientés vers l'action. Par exemple, un chef de projet qui trouve des moyens innovants pour améliorer l'efficacité de son équipe tout en respectant les délais et les budgets démontre cet esprit créatif. Ils sont les champions de l'application pratique des idées théoriques, transformant les concepts en réalisations tangibles.
Cet esprit est avide de connaissances et aime découvrir de nouvelles idées. Il est ouvert d'esprit, pose beaucoup de questions et fait des connexions inattendues entre différents domaines. Les personnes avec cet esprit sont souvent polyvalentes, adaptables et ont une grande soif d'apprendre. Un exemple typique est celui du chercheur scientifique qui explore des territoires inconnus dans la quête de nouvelles découvertes, ou de l'entrepreneur qui s'inspire de diverses industries pour créer une nouvelle startup innovante.
L'esprit intuitif se fie à son instinct et à sa capacité à percevoir des tendances et des possibilités futures. Il a une vision globale, pense à long terme et n'a pas peur de remettre en question le statu quo. Les individus avec cet esprit sont souvent des leaders charismatiques et des innovateurs. Steve Jobs, avec sa capacité à anticiper les besoins des consommateurs et à révolutionner l'industrie technologique, incarne parfaitement ce type d'esprit créatif. Leur force réside dans leur capacité à voir au-delà des évidences et à imaginer des futurs possibles.
Ce type d'esprit laisse libre cours à son imagination et aime s'évader dans des mondes fantastiques. Il est très créatif, poétique et a une grande sensibilité artistique. Les personnes avec cet esprit sont souvent des conteurs nés, des visionnaires et des créateurs originaux. Par exemple, J.K. Rowling, avec son univers magique d'Harry Potter, est une manifestation éclatante de cet esprit créatif. Leur imagination sans borne leur permet de créer des œuvres qui touchent et inspirent des millions de personnes à travers le monde.
L'esprit non-conformiste aime bousculer les conventions et provoquer des réactions. Il remet en question les idées reçues, aime être différent et n'a pas peur du jugement des autres. Les individus avec cet esprit sont souvent des artistes avant-gardistes, des libres penseurs et des révolutionnaires. Un exemple emblématique est Banksy, l'artiste de rue connu pour ses œuvres provocatrices qui questionnent la société moderne. Leur courage à défier les normes établies leur permet de repousser les frontières de l'art et de la pensée.
En réalité, la plupart des gens ont une combinaison de ces différents types d'esprits créatifs. Un designer pourrait avoir un esprit imaginatif et rêveur pour concevoir des concepts originaux, tout en ayant un esprit pratique et pragmatique pour réaliser ces concepts de manière fonctionnelle. L'important est de cultiver sa propre créativité en s'appuyant sur ses forces tout en s'ouvrant à d'autres façons de penser.
Pour maximiser notre potentiel créatif, il est essentiel de créer un environnement propice à l'exploration et à l'innovation. Voici quelques conseils pour y parvenir :
En fin de compte, la créativité est un voyage personnel et unique. En comprenant et en cultivant les différents types d'esprits créatifs, nous pouvons non seulement enrichir notre propre vie, mais aussi apporter des contributions significatives à notre société.
Les esprits créatifs se déclinent en plusieurs types, chacun ayant des approches uniques pour aborder la créativité : l'esprit analytique décompose et analyse, l'esprit pratique trouve des solutions concrètes, l'esprit curieux explore et connecte, l'esprit intuitif anticipe et innove, l'esprit imaginatif rêve et crée, et l'esprit non-conformiste défie les normes. En réalité, nous possédons souvent une combinaison de ces esprits. Cultiver sa créativité implique d'embrasser ses forces et de s'ouvrir à d'autres perspectives pour maximiser son potentiel et contribuer significativement à la société.
Depuis ses débuts, Pixar a redéfini l'animation avec des œuvres qui ne se contentent pas d'émerveiller, mais qui touchent au cœur de l'humanité. Mais qu'est-ce qui se cache derrière ces succès intemporels comme Soul et Inside Out? La réponse réside en grande partie dans le Braintrust, un mécanisme unique de critique et de collaboration.
À l'origine du Braintrust se trouvent trois visionnaires : Ed Catmull, Steve Jobs et John Lasseter. Ils ont compris que pour raconter des histoires mémorables, il fallait un environnement où les idées pouvaient être librement critiquées et améliorées. Inspiré des méthodes de brainstorming, le Braintrust va plus loin en instaurant une critique franche mais bienveillante, où chaque voix compte.

Le Braintrust est une réunion qui rassemble tous les quelques mois une dizaine de personnes, réalisateurs, scénaristes et responsables créatifs de Pixar, pour analyser en profondeur chaque film en cours de production. L'objectif est d'identifier et résoudre les problèmes, en encourageant chacun à s'exprimer en toute franchise.Comme l'explique Catmull, les premiers jets des films Pixar ne sont jamais bons. "Notre travail est de les faire passer de nuls à géniaux". C'est là qu'intervient le Braintrust, pour challenger les équipes et les aider à transformer leurs idées. Les participants visionnent le film, puis discutent ouvertement de ce qui fonctionne ou non dans l'histoire, les personnages, l'animation.
Le Braintrust repose sur plusieurs principes clés qui en font un outil puissant pour stimuler la créativité et l'excellence :
Ed Catmull insiste beaucoup sur la notion de candeur, qui demande de créer un environnement bienveillant et sûr sur le plan psychologique, où chacun se sent en confiance pour donner son avis, même négatif. Les peurs (dire une bêtise, vexer, subir des représailles...) sont des freins à cette candeur qu'il faut constamment surmonter.
Pour réussir son intervention dans un Braintrust, il convient de respecter quatre règles regroupées sous l'idée de Good Note.
Concrètement, un Braintrust se déroule en plusieurs étapes :
Ce processus itératif se répète plusieurs fois jusqu'à obtenir le meilleur film possible. La fréquence permet de maintenir le rythme et la dynamique.Au-delà d'une simple réunion de feedback, le Braintrust est un véritable état d'esprit ancré dans la culture de Pixar. Il demande d'instaurer un climat de confiance et de bienveillance propice au dialogue franc, de responsabiliser chacun pour contribuer de son mieux à la réussite collective, et d'être en quête permanente de l'excellence créative. C'est tout l'enjeu du management de la créativité dont le Braintrust est un formidable outil.
Catmull est convaincu que la qualité des décisions s'améliore quand on s'appuie sur "les connaissances collectives et les opinions sans filtre du groupe". Le Braintrust permet de profiter de l'intelligence collective pour détecter les failles et trouver des solutions innovantes. C'est un outil puissant pour "tendre vers l'excellence et éradiquer la médiocrité".Le réalisateur Pete Docter témoigne ainsi que lors du Braintrust sur son film Vice-Versa, le réalisateur Brad Bird l'a chaleureusement félicité pour son idée de film tout en pointant des faiblesses dans certaines scènes, l'encourageant à retravailler son histoire. Ces retours francs et bienveillants l'ont aidé à améliorer son film.Au-delà des projets, le Braintrust façonne la culture d'entreprise de Pixar. Il ancre des valeurs de confiance, d'ouverture d'esprit et de quête permanente de l'excellence. Chacun est responsabilisé pour contribuer de son mieux à la réussite collective.
Même sans travailler chez Pixar, on peut s'inspirer du Braintrust pour stimuler la créativité en équipe. Quelques pistes :
L'essentiel est de créer les conditions pour libérer les idées et oser les remettre en question de façon constructive. C'est tout l'enjeu du management de la créativité dont le Braintrust est un formidable outil. Comme le résume Ed Catmull : "Dans une culture créative saine, les gens se sentent libres de partager idées, opinions et critiques"
Découvrir, c’est trouver ce qui existait avant nous. Quand Copernic découvre que la Terre tourne autour du soleil, c’était vrai avant lui… il n’a fait que le constater, le révéler au monde. Inventer, c’est trouver quelque chose qui n’existait pas. Quand Archimède invente la vis sans fin, son esprit accouche d’une idée qui n’existait pas dans la nature avant lui. Si ces deux procédés permettent une trouvaille, il s’agit de deux mouvements bien différents. Voyons donc comment ces processus peuvent influencer vos processus de réflexion.
Quand on s’intéresse à l’histoire de la découverte de l’univers par l’Homme, il est fascinant de constater qu’elle répond à un processus clair que l’on peut reproduire dans nos organisations. Tentons une version ultra simplifiée et limitée à l’époque moderne:
Copernic joue le rôle du passeur (1473 - 1543), en déterrant les théories scientifiques d’Artistote, de Ptolémée et des pythagoriciens. Il fait le ménage et révèle que la Terre tourne autour du Soleil. Il meurt le jour de la parution de ses découvertes.
Kelper est un savant fou (1571 - 1630), il a l’intuition de plusieurs théories sur la trajectoire et la vitesse des planètes autour du Soleil. Mais il n’a pas les observations (les données) pour le prouver. Il va rencontrer Tycho Brahé.
Tycho Brahé est un observateur compulsif (1546 - 1601). Il collectionne des années de mesures des positions des planètes. En utilisant ces données, Kepler confirme ses théories.
Galilée crée l'outil (1564 - 1642) qui va réconcilier Copernic, Kepler et Tycho Brahé et permettre l’observation de leurs phénomènes : la lunette astronomique. Il « laïcise » le ciel en prouvant que Dieu n’est pas le grand horloger de l’Univers, et il rend enfin ces théories compréhensibles par tous, alors qu’elles étaient jusque-là réservées à l’élite. Il sera accusé d’hérésie pour cela.
Descartes impose le raisonnement scientifique (1596 - 1650) comme véritable mode de pensée pour contrecarrer les croyances, dans ce mouvement vers la séparation, la réconciliation ou la cohabitation de la science avec la religion, il sera soutenu par d'autres illustres scientifiques et philosophes comme Spinoza, Pascal ou Leibniz.
Newton fait le ménage (1642 - 1727) dans ce siècle de découvertes en corrigeant ici et là les incohérences de ses prédécesseurs. Il décrit la loi sur la gravitation et pave la voie à une nouvelle ère de recherche - notamment sur la relativité générale d’Einstein deux siècles plus tard.
Les historiens des sciences pardonneront les raccourcis et les approximations de ce résumé. L’idée est simplement de dégager une certaine chaîne d’événements :
❶ Respectez le passé en commençant par faire l’inventaire de ce qu’il y avait avant vous.
❷ Cette culture générale sur un sujet particulier vous aide à formuler une opinion, une intuition. Attention, elle n’est pas encore vérifiée.
❸ Cette intuition doit pouvoir être confrontée au réel. Elle doit correspondre à une réalité universelle, mesurable, démontrable.
❹ Observez les phénomènes avec les outils à votre disposition, ou en inventant de nouveaux outils de mesure. Cette observation doit être incontestable.
❺ Faites-vous comprendre. Écrivez dans un langage simple ce que vous avez découvert de complexe.
❻ Votre raisonnement doit être compréhensible, limpide, logique, documenté.
❼ Revenez souvent sur vos pas et n’hésitez pas à corriger et à rendre vos découvertes harmonieuses. Il a été démontré que dans l’Histoire des sciences, une formule mathématique plus simple et plus « belle » est plus exacte qu’une formule complexe.
Maintenant que vous avez les ingrédients nécessaires, vous devez comprendre qu'ils ne sont pas suffisants. Tous ces grands découvreurs avaient du génie. Quel génie? Une capacité de s'obséder, une folie.
Comment les idées surgissent-elles? Comment un "flash" vient-il frapper nos esprits? Nous avons consacré un article à ce sujet, en voici les grandes lignes. Henri Poincaré a initié l'étude du processus mental des scientifiques face aux problèmes, et Jacques Hadamard a approfondi ces réflexions en documentant les propositions de Poincaré. Hadamard a publié en 1945 un ouvrage intitulé "Essai sur la Psychologie de l'invention dans le domaine mathématique", toutefois parfaitement adapté à tous les créatifs. Les quatre étapes principales d'une idée sont : le travail préparatoire conscient, l'incubation inconsciente, l'illumination et la vérification, auxquelles s'ajoute parfois la formulation pour les métiers créatifs.
❶ Travail préparatoire conscient. Le moment de la prise de conscience du problème à résoudre est crucial pour les créatifs, et correspond au "brief". La première étape consiste à générer un grand nombre d'idées évidentes et faciles, qui ne sont pas nécessairement uniques ou originales. Il est important de noter et partager ces premières idées, même si elles ne semblent pas encore géniales, car cela permet de "vider le drain" avant de laisser place à des idées plus créatives et novatrices.
❷ L’incubation inconsciente. Lorsqu'on lâche prise et qu'on cesse de penser consciemment à un problème, l'inconscient travaille à trouver des solutions en puisant dans nos souvenirs, connaissances et expériences passées. En arrêtant d'y penser activement, des liens se forment dans notre inconscient, qui peut finalement aboutir à une idée lumineuse et évidente.
❸ L’illumination. Le moment de l'Eureka survient lorsque la solution apparaît soudainement et de manière inattendue. L'inconscient envoie cette solution à la conscience après avoir établi des liens et effectué des essais et erreurs. Cette illumination s'accompagne d'un sentiment de certitude absolue, et bien que parfois la vérification soit nécessaire, l'intensité de l'incubation peut suffire à confirmer la validité de l'idée.
❹ La vérification. Le créatif consciencieux voudra valider son idée avec lui-même dans un autre contexte, moins passionné et plus calme. Sinon, une validation externe sera peut-être nécessaire, entre pairs. Certaines vérifications sont parfois obligatoires (légales, budget, etc.)
❺ La formulation. La phase de formulation est cruciale pour les créatifs, car elle consiste à exprimer les idées clairement et à les organiser. Parfois, l'intuition peut nous tromper, et il est nécessaire de prendre le temps d'articuler et de peaufiner l'idée. Les mots aident à structurer la pensée, mais ils marquent également la fin de la réflexion, ce qui peut être bénéfique pour éviter de trop s'attarder sur une idée.
J'ai voulu me pencher sur un aspect particulier du bureau, qu'il soit à la maison ou... au bureau. J'ai voulu étudier ce qui relie deux aspects : la créativité, et l’ordre — donc le désordre. La créativité et le désordre sont-ils liés? Un bureau en ordre a-t-il une influence sur notre capacité à innover et à penser de manière créative? Comme à mon habitude, après des heures de recherches, je me suis retrouvé... sans réponse claire. Jusqu'à ce qu'un peu d'ordre dans mes idées vienne faire le ménage et me révèle une découverte qui était cachée sous le bordel de ma démonstration. Suivez-moi.
Partout et en tout temps, nous sommes bombardés d’images d’intérieurs parfaits et dégagés. Le vide soigneusement organisé est le signe d’un goût sûr, d’une élégance mesurée et d’un modernisme qui ne se dément pas. Des magazines de déco à Instagram en passant par IKEA ou Pinterest, c’est le zen qui prime et ne survit dans ces images de perfection que l’indispensable. Le superflu est banni et le vide est béni. Dans cette marée de perfection, le désordre est un choix. Si vous optez pour le bazar, vous choisissez le camp de la contestation, de la dissidence. Le bordel devient alors un acte de bravoure, un signe extérieur d’indépendance intellectuelle. Le bordélique est d’abord un esprit libre, qui n’est pas tenu aux injonctions et aux dictats de son époque. Mais n’est-ce qu’une posture? Ou ne serait-ce pas une sorte d’image caricaturale un peu facile?

Une étude menée par Kathleen D Vohs, à l’Université du Minnesota, a tenté de répondre à cette question❶.
Les participants ont été invités à remplir un questionnaire dans un bureau, soit bien rangé, soit en désordre. Ensuite, ils devaient faire un don à une œuvre de bienfaisance et choisir une collation en partant. Les résultats ont montré que ceux qui avaient travaillé dans un bureau bien rangé ont fait des dons plus généreux et ont préféré choisir une pomme plutôt qu'une tablette de chocolat. En conclusion, dans un bureau bien rangé, les gens ont fait ce qu’on attendait d’eux.
Mais dans une deuxième expérience, les chercheurs ont demandé aux participants de réfléchir à de nouvelles utilisations pour des balles de ping-pong, soit dans un espace bien rangé, soit en désordre. Les idées provenant des bureaux désordonnés ont été jugées plus intéressantes et plus inventives. De plus, lorsqu'on leur a demandé de choisir entre un produit bien établi et un nouveau produit, ceux qui avaient travaillé dans un bureau désordonné ont été plus enclins à opter pour la nouveauté. Conclusion : le désordre peut favoriser l'innovation et la pensée créative.

Que les créatifs se rassurent, le désordre est un merveilleux alibi pour continuer d’imaginer et de créer. Voici quelques avantages :
❶ stimuler les nouvelles idées : un environnement désordonné peut stimuler la pensée non linéaire et aider à générer de nouvelles idées. Lorsque tout est en ordre et à sa place, nous avons tendance à penser de manière plus conventionnelle. En revanche, le désordre peut nous pousser à penser en dehors des sentiers battus.
❷ créer des connexions inattendues : le désordre peut également aider à faire des connexions inattendues. Lorsque différents objets ou idées sont mélangés de manière désordonnée, il est plus probable que nous fassions des associations que nous n'aurions pas faites dans un environnement plus structuré.
❸ combattre la conformité : le désordre peut réduire la conformité et encourager l'individualité, deux facteurs qui sont souvent associés à la créativité. Dans un environnement désordonné, il est moins probable que nous nous conformions à ce qui est "normal" ou attendu.
❹ se concentrer sur l’essentiel : plutôt que de perdre son temps à ranger, trier et classer, l’esprit créatif peut investir un temps supplémentaire dans des divagations qu’il saura transformer en matériel créatif.

Les bordéliques fameux sont nombreux. Steve Jobs, Mark Twain, mais surtout Albert Einstein qui a mieux résumé son goût du chaos que quiconque : « Si un bureau en désordre dénote un esprit en désordre, alors que dire d’un bureau vide ? ». Dans une étude sérieuse et lourdement documentée, appelée « Théorie de la désorganisation, comportement désorganisé et étiologie des désordres », le chercheur Eric Abrahamson, professeur à la Columbia Business School, est allé plus loin en proposant l'équation du désordre suivante : M = β1 x l + β2 x p + β3 x v + β4 x i — pour traduire, l’amplitude d’un désordre est calculée en fonction de ses largeur, profondeur, volume et intensité.❷
Dès lors, on pourrait déjà conclure cet article sur la glorification du désordre, qui deviendrait la prescription d’usage à quiconque voudrait avoir des idées. Pas si vite.
C’est ici que je vous dois un aveu : étant moi-même créatif et vivant de mes idées, j’ai le désordre en horreur. C’est pourquoi le résultat des études et les articles déjà partagés à ce sujet m’ont toujours laissé perplexe. C’est que l’ordre a quelques vertus qu’on a tendance à oublier.
❶ Faire la paix : chaque individu a un seuil de tolérance différent face au désordre. Pour certains, un environnement trop désordonné peut entraîner du stress et nuire à leur créativité. C’est mon cas, et peut-être le vôtre.
❷ Se concentrer : la créativité est souvent un bagage livré avec une capacité de concentration différente de la norme - peut-être un TDA. En gros, vous avez une grande capacité d’hyperconcentration… mais aussi une grande capacité de déconcentration. Un environnement neutre, connu, rassurant permet une concentration optimale.
❸ Produire : l’idée qu’être créatif c’est être en permanence dans sa tête est un fantasme. Il faut livrer. Il faut exécuter. Il faut écrire, désigner, dessiner, concevoir, coudre ou je ne sais quoi d’autre - bref, il faut produire un résultat attendu. Dès lors, cette production est soumise à des lois, des limites, des contraintes, bref, l’idée va devoir se soumettre à une certaine forme de conformité, et le travail du créatif devient celui d’un médiateur, entre l’idée idéale qui l’habite et l’idée attendue par son mandataire. Le créatif est d’abord un métier de négociation, d’arbitrage et d’arrangement. C’est d’abord un travail de logique et de rhétorique qui demande beaucoup d’organisation.
De grands esprits créatifs ont plébiscité l'ordre dans leur espace de travail. Agnès b. a organisé son espace de travail avec un alignement quasi chirurgical, alors que Bill Gates a déjà expliqué à quel point il valorisait l'ordre et la structure dans son environnement de travail. Idem pour Elon Musk (pourtant pas le plus connu pour son conformisme), Warren Buffet ou encore Oprah Winfrey qui tiennent à leur bureau bien rangé comme le reflet de leur engagement pour l'efficacité. Oui, on peut être créatif et aimer voir ses affaires bien rangées, comme ses idées bien exécutées.

Marie Kondō est une Japonaise qui a bâti sa carrière, sa popularité et sa fortune en donnant des leçons de morale à tout le monde. "Je suis convaincue que le fait de ranger votre maison va vous aider à trouver la mission qui parle à votre cœur. La vie ne démarrera vraiment qu'une fois votre maison en ordre." Rien de moins! Aux injonctions de rangement du tiroir à Tupperware se succédaient les cours 101 de pliage de t-shirt. Des vidéos entiers de culpabilité, des conférences pleines de sermons bien sentis, avec un livre à la clé — évidemment, La Magie du Rangement. En janvier 2023, l’empire Kondō s’effondre suite à une révélation fracassante : « Ma maison est en désordre, mais à ce stade de ma vie, c’est la bonne façon de gérer mon temps ». C’est comme si on apprenait que Ricardo n’avait jamais rien mangé d’autre que du Kraft-Dinner.
Un vieil adage gaélique soutenait au contraire que « les fées naissent du désordre », et rappelait l’importance de laisser un endroit un peu en désordre dans une maison, pour y laisser entrer la magie.
Einstein et Jobs sont devenus les icônes du foutoir. Leur capharnaüm est devenu un passeport pour les plus bordéliques, qui ont trouvé leur modèle en la matière, et — quasiment une preuve causale de génie. Encore une fois, pas si vite. Lors de mes recherches, je me suis souvenu d'une autre facette de Steve Jobs. Celle d'un homme obsédé par le dépouillement dans sa vie personnelle, l'espace et la zénitude, jusqu'à l'extrême — qu'on retrouve encore aujourd'hui dans le design des produits Apple. Le biographe de Jobs, Walter Isaacson, révélait en 2011 que le patron d'Apple avait un style de vie quasiment monastique. Et loin — très très loin de l'image de son bureau en bazar — le génie a vécu longtemps dans des maisons totalement... vides. Cela avait été une source de discorde familiale constante❸. La photo ci-dessous a été prise quand il était jeune, dans sa première maison. Elle est stupéfiante. Steve Jobs n'avait pas de meuble, il ne supportait pas ça. Le contraste est saisissant. Tellement qu'il nous pousse à une nouvelle réflexion. Si Jobs peut à la fois vivre dans le désordre et le vide absolu, c'est que nous avons peut-être tous deux facettes. Une pile, une face. Une côté jardin, une côté cour. Nous pouvons vivre dans deux réalités. Nous le devons, peut-être.

Je pense que, comme le processus créatif lui-même, notre cerveau a besoin de plusieurs temps. Un temps flou, un temps net. Un temps désordonné, un temps ordonné. Un temps rangé, un temps dérangé. Jobs avait besoin d'un espace encombré et d'un autre vide. Einstein aimait le désordre de son bureau, mais passait de longs moments à marcher en pleine nature pour se changer les idées. Un peu comme nos chats qui ont leurs moments de sommeil et leurs moments de folie, nous avons sans doute tous besoin de moment de calme et de chaos, des instants de bordel, et d'autres de repos, de limpidité, de rien. À l'image de notre cerveau, un temps occupé, un temps inoccupé.
Il n’est donc ni question de vivre dans une page intérieure de Dwell ni question de vivre dans un taudis. Il est question d’un équilibre naturel entre bordel et zénitude. Cet équilibre doit se retrouver partout. Chez vous en télétravail, mais aussi au bureau, qui ne doit pas devenir un lieu désincarné et dépersonnalisé suite à l’invention des « bureaux flottants » qui n’appartiennent à personne. Après avoir créé un bureau chez vous, il faut désormais recréer un petit chez vous au bureau. C'est peut-être aussi l'opportunité d'organiser vos deux espaces comme vos deux temps. Vous pourriez assumer d'avoir un endroit pour divaguer, un autre pour livrer. Un bureau créatif, un bureau productif, et passer de l'un à l'autre, comme le faisaient Jobs et Einstein.
J'étais récemment en conférence dans une grande entreprise à Montréal, qui était fière de ses 200 collaborateurs. En pitch, elle utilise parfois cet "argument du nombre" pour valoriser la puissance d'un groupe. C'est dommage, car on peut aller beaucoup plus loin.
Quand on « compare » des effectifs, on a tendance à ne prendre en compte que… les effectifs eux-mêmes, plutôt que les interactions potentielles entre eux. Quel dommage, c'est justement ça la force du collectif! Comment alors calculer ce nombre d'interactions, de connexions?
C'est à Robert Melancton Metcalfe (1946-) que l'on doit une formule imparable quand il s'agit de calculer la valeur d'un réseau.
Jeune doctorat, Metcalfe rejoint le MIT, déçu que Harvard ne l'ai pas autorisé à brancher l'université sur le nouveau réseau ARPAnet - ancêtre du web. C'est donc au MIT où il va pouvoir créer un des premiers réseaux d'ordinateurs interconnectés, et connecté au fameux ARPAnet. Il rejoint alors le PARC en 1973, célèbre laboratoire de XEROX et véritable incubateur pour des ingénieurs qui finiront chez Apple et Microsoft commercialiser leurs inventions. Metcalfe n'échappe à cette fuite des cerveaux et fonde 3Com, qui deviendra rapidement un fournisseur de service nouveau : l'Ethernet, l'invention du jeune ingénieur.
L'ethernet devient une norme dans la silicon valley et partout ailleurs dans le monde. 3Com sera rachetée en 2010 par Hewlett-Packard.
Dans ses travaux, Metcalfe va promulguer une loi, qu'on appelle la loi d'utilité de réseau basée sur le carré des nœuds » - même si on ne l'appelle pas comme ça en réalité. Cette loi est devenue la Loi de Metcalfe. On l'appelle aussi l'effet de réseau, ou l'effet club.
Alors que dit cette loi de Metcalfe? Elle calcule le nombre de connexions possibles dans un réseau possédant n noeuds. Elle établit également que ce nombre de connexions représente la valeur du réseau.
La formule est la suivante :
Mais on la simplifie souvent avec la formule suivante :
En voici une l'illustration originale :

Et voici un exemple très concret :
Pour vous simplifier la vie, j'ai programmé un petit calculateur pour vous :
Alors plutôt que de vous mettre de l'avant en disant « nous sommes 50 employés alors que notre concurrent n'a que 30 employés… c'est 20 de plus! », expliquez plutôt « nous avons 1225 interactions possibles, alors que notre concurrent n'en a que 435, c'est 790 de plus! ».
La loi de Metcalfe est devenue une bénédiction pour le calcul de la valeur d'un réseau social. Facebook, LinkedIn, X (Twitter)... tous les plateformes calculent leur valeur financière en se basant sur la formule de Metcalfe. L'idée, mettre de l'avant les connexions possibles plutôt que le nombre d'abonnées.
Cependant, cette approche est discutable quand les réseaux sont vastes, et que la possibilité de connexion entre TOUS les noeuds n'est pas évidente — c'est le cas pour tous les réseaux sociaux. Dans ce cas, certains experts privilégient une autre loi inspirée de la linguistique, celle de Zipf.❶ La valeur est beaucoup moins avantageuse, avec la formule valeur = n(log n).
Pour les curieux, voici un calculateur Zipf :
Cependant, c'est encore aujourd'hui la loi de Mercalfe qui fait foi dans la plupart des organisations.❷
Mobilité ou immobilisme? Deux mille ans plus tard, Galilée viendra départager ces deux écoles de pensée par l'observation du mouvement perpétuel de la Terre sur elle-même, et autour du Soleil. Le match se termine donc en 1610 avec la victoire du changement permanent, donc d'Héraclite.
Or, limiter Parménide et Héraclite au mouvement, c’est se priver d’une pensée beaucoup plus riche, bien plus intéressante, et plus profonde encore. Nous avons eu recours aux lumières de plusieurs philosophes pour éclairer notre chemin. D'abord l'illustre Jean-François Mattéi (1941-2014). Ensuite Barbara Cassin, philosophe spécialiste des philosophes grecs et enfin André Laks, professeur de philosophie ancienne à la Sorbonne.
Évidemment, il convient de mesurer les innombrables altérations de ces textes primitifs à travers l'histoire — des fragments qui nous sont parvenus partiels et transformés. Cependant, ils ont occupé les pensées de Platon, Aristote, Hegel, Heidegger, Nietzsche et bien d'autres... et préoccupent de nombreux philosophes contemporains. Ils ont le mérite de susciter chez le lecteur curieux des questionnements profonds et utiles.
Loin de moi la prétention d'ajouter une pierre à cet édifice. Je propose l'emprunt, la ruse. Je veux aller chercher à la source même, de nouveaux mécanismes, de nouvelles métaphores. Cet article s'adresse aux curieux. À celles qui n'ont pas peur des acrobaties. À ceux qui n'ont pas peur du feu. Bref, à celui ou à celle qui a déjà osé lire jusqu'ici.
D’abord, Parménide était le penseur du Tout, comme Pythagore avant lui. Il y avait l'être... et rien d’autre. Le non-être ne pouvant être amené à notre conscience est inexistant. Le fragment 6 trop simplement traduit par L'être est, le non-être n’est pas a donné beaucoup de travail aux philosophes, aux philologues et aux traducteurs, qui continuent encore aujourd'hui à se contredire sur le sens profond de cette pensée fondatrice.
Pour Parménide, il n'y a que deux voies possibles : est et n'est pas. Mais est — du grec esti — peut prendre plusieurs formes : il existe, il est possible, il y a. Aussi, la tautologie (une formule qui ne peut être que vraie) pose que si A est A, alors A est parfaitement A, et A n'est rien d'autre que A — c'est la naissance des axiomes mathématiques.
Le Tout se définit donc par tout ce qui ne change pas, par ce qui est permanent, immuable. C'est ce qui est vrai et qui restera vrai. C'est l'identité ontologique : ce qui se définit dans l'absolu. Dès lors, ce qui change n'est qu'opinion (doxa), éphémère et sans valeur. Dans le Tout se trouve l'idée d'une Unité de tout l’univers dans tous les temps. Le passé, le présent et l’avenir cohabitent... avec l'impossibilité du devenir.
Si la traduction pose quelques problèmes aux philosophes encore aujourd'hui, on peut aussi retenir que nommer le néant... c'est le détruire, puisque c’est lui donner une consistance. Le néant est donc impossible, impensable. Tout est, et c'est tout. Dès lors, Parménide propose un Tout « tout puissant », immuable, impossible à changer. Rien ne change jamais, donc.
Pour sa part, Héraclite propose l'idée que Tout est composé d'opposés. La route monte et descend en même temps, selon le sens qu’on prend. Le fleuve dans lequel on se baigne change chaque seconde, mais reste le même et unique fleuve qui porte pour cette raison le même et unique nom. Pour Héraclite le monde est tissé de contraires pour mieux affirmer son unité, et Héraclite fustige les hommes incapables de reconnaître ces jeux de contraires logiques, les privant alors du pouvoir de raisonnement.
Héraclite était le philosophe qui pleure, sans cesse effondré par l'attitude des hommes qui ne savaient que faire la guerre. Nietzsche en avait fait le philosophe du combat, en révélant que si Tout contient des contraires, il faut les départager. Une lutte s'enclenche alors entre ces deux possibles, pour que l'un des deux l'emporte. Pour Héraclite, tout est un combat potentiel pour décider d’une voie à prendre plutôt qu'une autre. Tout est alors composé d’un changement à venir, d’un état de transformation permanent. Tout change tout le temps, donc.
Tout devenir naît de la lutte des contraires. Les qualités définies qui nous semblent durables n’expriment que la suprématie momentanée de l’un des combattants, mais la lutte n'en continue pas moins, le combat se poursuit éternellement. C'est en fonction de ce combat que tout ce qui se produit advient et c’est précisément ce combat qui révèle la justice cohérente et sévère, liée à des lois éternelles. — Nietzsche.
C'est l'harmonie des paradoxes. Ce qui est différent de soi-même s’accorde avec soi-même. Et celui qui s'enferme dans son propre raisonnement est un rêveur isolé qui ne participe pas au raisonnement collectif. Ce penseur recroquevillé sur lui-même porte un nom en grec ancien : l'idiot. L'idiot n'est pas l'imbécile. L'idiot est celui qui ne croit que lui-même. Et la langue française a conservé une trace de ce sens, avec l'idiosyncrasie — une disposition à réagir de manière particulière aux agents extérieurs. Ici, particulière doit être pris dans le sens d'individuel.
Déjà à l'époque, jeu de dualités n'était pas nouveau. Sans rien ôter à ces deux fondateurs de la pensée, il convient tout de même de rendre à Pythagore ce qui lui revient. Sur le fronton de l'École qu'il créa à Crotone, on pouvait lire "Dieu a tiré la Terre du néant comme il a créé le Un du rien pour créer la multitude". Au-delà de l'incroyable poésie de cette sentence, on y perçoit toute la richesse philosophique qu'elle porte en elle. C'est le début du Tout, de l'unité, du rien et de tout ce qu'il y a entre eux.
Ces questionnements du rien et du tout, de l'unité et du multiple, du vrai et du possible, de l'harmonie et des opposés, ont forgé à la fois notre vision du monde, notre raisonnement, notre langage et nos mathématiques. Ils sont la source de tout. Par exemple, puisqu’il existe une frontière entre quelque chose et rien, que se passe-t-il précisément à cet endroit? Le calcul infinitésimal d’Archimède, Newton et Leibnitz répondra à cette question. Et puisqu’il existe plusieurs possibilités d’un présent à venir, comment s'organise ce choix? Ce sont ici les bases des mondes possibles de Leibnitz...
Pour finir, il est cocasse de souligner que l'unité (le Tout) est composée d'unités (les objets) qui se mesurent... avec des unités (poids, taille, etc.) Les unités des unités de l'unité. Un seul mot pour décrire l'infiniment grand et l'infiniment petit, le pourquoi, le quoi et le comment. Voilà une pensée parfaitement parmédienne, héraclitéenne... et pythagoricienne.
En 2014, le stratège torontois Umar Ghumman prend l'initiative de contacter les planificateurs les plus illustres du monde pour obtenir une réponse simple à une question simple : qu'est-ce qu'un insight? Le résultat de son enquête est sans équivoque : il obtient autant de réponses que de planificateurs.
Commençons par ce qu'un insight n'est PAS;
Alors qu'est-ce que c'est? Pour simplifier, un insight est une vérité cachée dans le quotidien des gens. Le travail des publicitaires est de transformer cette vérité en argument de vente. Comment faire? Comment le formuler?
Prenons un exemple illustratif, à vérifier sur le terrain plutôt qu’à généraliser à tous les propriétaires d’animaux :
Si vous n'êtes pas convaincus par l'anthropomorphisme des propriétaires de chat, allez voir au rayon de la nourriture pour animaux : les gens achètent de la nourriture pour eux-mêmes avant d'acheter pour leur chat.

Le point le plus important, c'est d'articuler l'insight avec beaucoup de rigueur et de cohérence. Vous ne devez pas changer de sujet entre le constat, l'observation, la motivation/frein et l'insight. Enfin, le caractère inventif d'un insight est sa valeur la plus importante. Un bon insight, c'est d'abord un coup de baguette magique qui aiguise la curiosité avant même que les créatifs aient commencé à parler.
Avant de vous quitter, je vous propose de décoder le constat, l'observation, le frein et l'insight de ces campagnes géniales:
La séquence fait → observation → motivation → insight est notre cadre de formulation. Elle aide à relier une idée créative aux données; elle ne constitue ni une définition universelle de l’insight, ni une validation scientifique de l’explication proposée. Pour l’utiliser, gardez la trace des observations, cherchez des contre-exemples et vérifiez auprès du public concerné ce qui résonne réellement. Une formule brillante peut encore être une hypothèse fragile.