




Publié pour la première fois en 1959. Le titre complet en anglais est "The Sleepwalkers: A History of Man's Changing Vision of the Universe" et en français "Les Somnambules : Essai sur l'histoire des conceptions de l'Univers". Dans cet ouvrage, Koestler explore l'évolution des idées et des théories scientifiques concernant l'univers, en mettant l'accent sur l'astronomie et la cosmologie.
Le livre est divisé en trois parties, chacune se concentrant sur des périodes spécifiques de l'histoire des sciences :
Dans "Les Somnambules", Koestler soutient que les progrès scientifiques résultent souvent d'une combinaison de créativité, de persévérance et de hasard, et que les scientifiques eux-mêmes sont souvent inconscients des implications de leurs découvertes. Le livre souligne également que la science est un processus en constante évolution, et que les idées et les théories évoluent en réponse à de nouvelles découvertes et expériences.
En somme, "Les Somnambules" est un ouvrage historique et philosophique qui explore l'évolution des idées scientifiques sur l'univers et les forces qui ont façonné la manière dont les humains perçoivent le cosmos.
"The Act of Creation" (titre original) est un livre écrit par Arthur Koestler et publié pour la première fois en 1964. Dans cet ouvrage, Koestler examine les processus de la créativité et explore comment les idées créatives émergent dans les domaines de l'art, de la science et de l'humour. Le livre est divisé en deux parties principales : la première partie traite des processus cognitifs et émotionnels impliqués dans la créativité, tandis que la seconde partie présente des études de cas et des exemples concrets pour illustrer les concepts développés dans la première partie.
Dans la première partie, Koestler introduit le concept de "bisociation", un néologisme qu'il utilise pour décrire le mécanisme de la pensée créative. La bisociation est l'acte de combiner deux cadres de référence apparemment disjoints ou incompatibles pour créer une nouvelle idée, une nouvelle perspective ou un nouveau concept. Koestler soutient que la créativité émerge lorsque ces cadres de référence sont combinés de manière inattendue, permettant ainsi de voir des relations et des connexions qui n'étaient pas apparentes auparavant.
Koestler explique que la bisociation se produit dans tous les domaines créatifs, qu'il s'agisse de l'art, de la science ou de l'humour. Dans le domaine de l'art, la bisociation se manifeste par l'association d'émotions et de symboles pour créer une expérience esthétique unique. En science, la bisociation implique la découverte de nouvelles relations entre des faits ou des concepts apparemment sans rapport, conduisant à des percées et des révélations scientifiques. En ce qui concerne l'humour, la bisociation permet de relier des idées ou des situations de manière inattendue, créant ainsi un effet comique.

Dans la seconde partie du livre, Koestler présente divers exemples et études de cas pour illustrer comment la bisociation fonctionne dans la pratique. Il explore les processus créatifs de personnalités historiques telles que Archimède, Galilée, Kepler et Einstein, et analyse comment leurs découvertes scientifiques sont le résultat de la bisociation d'idées et de concepts.
"The Act of Creation" est un livre ambitieux qui tente de fournir une explication unifiée de la créativité et de son rôle dans la pensée humaine. Koestler soutient que la créativité est un processus universel qui se manifeste dans tous les domaines de la vie et que la compréhension de ce processus peut nous aider à mieux appréhender notre propre potentiel créatif.
Essai écrit par Arthur Koestler en 1967, qui porte sur l'évolution de la science et de la technologie et leur impact sur la société. Bien qu'il n'y ait pas de résumé détaillé du livre, voici quelques points clés qui peuvent vous aider à en saisir les grandes lignes.
En somme, "Le Cheval dans la Locomotive" est un essai qui explore la relation complexe entre la science, la technologie et la société. Koestler invite les lecteurs à réfléchir aux défis et aux opportunités que présentent la science et la technologie, et à trouver un équilibre entre le progrès et la préservation des traditions et des valeurs humaines.
"Les Somnambules" retrace l'évolution des idées scientifiques concernant l'univers, mettant l'accent sur l'astronomie et la cosmologie, en explorant les travaux d'Aristote, Ptolémée, Copernic, Kepler, Galilée, Newton et Einstein. L'ouvrage soutient que les progrès scientifiques sont le résultat d'une combinaison de créativité, de persévérance et de hasard. "Le cri d'Archimède" examine les processus de créativité à travers l'art, la science et l'humour en introduisant le concept de "bisociation". Enfin, "Le Cheval dans la Locomotive" explore la relation entre la science, la technologie et la société, en abordant les défis et opportunités futurs liés à leur évolution rapide.
Développement de nouveaux produits, transformation numérique, changement de logo, mise à jour du système de paie… les projets d’une organisation sont nombreux et se succèdent rapidement. Mais comment se fait-il que 90 % des entreprises n’atteignent pas leurs objectifs stratégiques?
La réponse est simple : elles ne choisissent pas les bons projets. Trop souvent, ils sont sélectionnés en fonction du temps, du budget, du gestionnaire en place ou des compétences de l’équipe, plutôt qu’en fonction de la pertinence du problème qu’ils permettent de résoudre. Mais le hic, c’est qu’évaluer la pertinence d’un projet prend du temps. Or, 85 % des équipes de direction consacrent moins d’une heure par mois à discuter de stratégie. Pire encore, la moitié n’y consacre aucun temps.
S’arrêter. Évaluer. Prioriser : ce processus est essentiel pour maintenir le cap sur les bons projets qui règlent les bons problèmes. Cela peut paraitre contradictoire, mais s’arrêter est une partie intégrante de la productivité. Mais comment fait-on pour prioriser? Nous avons une bonne et une mauvaise nouvelle.
La mauvaise nouvelle c’est qu’il existe presque autant d’outils pour prioriser ses projets qu’il existe de projets en soi. La bonne nouvelle ? On vous résume l’essentiel et on vous propose l'outil de tous les outils pour y voir plus clair.
Oui il existe plusieurs modèles pour prioriser, mais la plupart se classifient en deux grandes approches : de haut en bas (« Top-Down ») ou de bas en haut (« Bottom-Up »).
Dans le premier cas, l’organisation a bien définit sa vision ou son ambition. Elle est en plein processus de planification stratégique. Elle peut donc cibler les projets en adéquation avec sa vision et ses grandes orientations. C'est le scénario idéal.
Dans le deuxième cas, c’est l’inverse. C’est un feu roulant, et il est trop tard pour faire du Top-Down. Les projets se sont accumulés et il faut prioriser, vite. On sort notre planification stratégique d’un fond de tiroir ou des confins d’un serveur et on se met au travail.
Pour bien discerner la nuance entre ces deux approches, voyons quelques exemples.
La carte stratégique est un outil développé par Kaplan et Norton du Harvard Business School Online. Elle permet d'articuler la stratégie d'une organisation à travers quatre perspectives : financière, client, processus internes, et apprentissage et croissance. Pour chaque perspective, on détermine des objectifs spécifiques et des projets pour réaliser ces objectifs. Ainsi, on s’assure que l’ensemble des initiatives entamées par l’organisation servent sa vision.
Antonio Nieto-Rodriguez est un expert reconnu dans le domaine de la gestion de projet et de la stratégie d’entreprise. Il propose une pyramide pour prioriser les projets. D’abord, à sa base, on retrouve la raison d’être de l’organisation (« Purpose »). Ensuite, les priorités qu’elle devrait entreprendre pour atteindre cette raison d’être. Au troisième palier arrivent les projets, déterminés en fonction des priorités établies. Au-delà de ces trois niveaux, on attribue les ressources (« People ») et on définit la performance souhaitée. Cette pyramide est un outil intéressant pour réfléchir à l’ordre dans lequel prioriser ses projets.
La méthode DICE du Boston Consulting Group évalue un projet à travers quatre éléments clés : la Durée du projet, l'Intégrité de l'équipe, l’Engagement (« Commitment ») et l'Effort demandé. En un mot ? DICE. En une équation ? (D + 2I + 2C1 + C2 +E). Cette formule est une façon simple, rapide et concrète d’évaluer les chances de succès de chaque projet de votre portefeuille, pour ainsi mieux prioriser. Pensez à l’un de vos projets et allez essayer leur calculateur en ligne.
BEEM tient son abréviation de « The Business Effect Evaluation Methodology ». Cet outil norvégien s’intéresse d’abord et avant tout aux opportunités d’affaires générées par un projet. Pour chaque opportunité, on détermine l’importance pour l’organisation (« poids »), les différents scénarios d’impact possibles et le scénario visé par votre entreprise. Cette analyse révèle un score de 1, 3 ou 9 à pondérer. L’avantage du score pondéré est qu’il reflète l'importance relative de chaque opportunité. Ainsi, vous pourrez mieux prioriser.
Si la matrice d’Eisenhower porte le nom du 34e président, c’est plutôt à Stephan Covey, l’auteur du livre « Les sept habitudes des gens efficaces » qu’on doit ce populaire outil qui met en relation l’importance et l’urgence. Elle clarifie les priorités à court terme, à savoir les projets urgents à privilégier, et cerne les démarches essentielles pour réaliser les objectifs à long terme, qui résident souvent dans les projets importants et non urgents.
Selon IDEO, un projet, une idée ou une innovation devrait à la fois être désirable pour les utilisateurs ou clients, viable financièrement pour l’entreprise et faisable selon les ressources humaines et technologiques en place. Devant un projet qui ne satisfait pas l’une de ces trois conditions, il vaut mieux laisser tomber ou revoir le paramètre défaillant.
Autre outil relié de près au précédent : la zone d’énergie, d’excitation et de confort (« Ease »). Existe-t-il encore de l’intérêt envers le projet? Si oui, vous avez l’énergie nécessaire pour mener le projet à terme. Est-ce que le projet génère toujours de l’engouement et de l’enthousiasme? Si c'est le cas, vous avez l’excitation pour mobiliser l’équipe jusqu’à la fin. Finalement, pouvez-vous terminer le projet avec facilité? Si oui, vous avez réuni toutes les conditions favorables pour prioriser ce projet.
Alors…quel outil devriez-vous privilégier? Dur à dire parce que chaque organisation est unique et complexe. Ainsi, il n’y a pas d'approche universelle qui convienne à tous. Il faut plutôt bâtir votre propre outil de priorisation. Et pour ce faire, il existe l'outil des outils : la matrice de priorisation des problèmes de Health Iowa. Chez Perrier Jablonski, nous aimons nous en inspirer pour accompagner nos clients dans la priorisation de leurs projets.

Grosso modo, cette matrice s'opérationnalise en trois temps :
Et pourquoi cette matrice plutôt qu'une autre? Parce cette matrice se distingue par son approche axée sur la hiérarchisation des problèmes plutôt que sur les projets spécifiques. Et après tout, les problèmes doivent être priorisés avant les projets, car ce sont eux qui guident les projets à développer. Les outils de priorisation de projets sont quant à eux de précieuses références pour construire votre propre matrice de priorisation de problème. Découvrez-les, analysez-les et inspirez-vous-en pour trouver les critères qui vous aideront à prendre les décisions les plus stratégiques pour votre organisation.
Certains leaders sont connus pour leur capacité à opérer avec peu de sommeil. Napoléon Bonaparte était réputé pour ne dormir que quelques heures par nuit. Tout comme Emmanuel Macron, connu pour être un petit dormeur, mais aussi Voltaire, Mozart ou Elon Musk. On en trouve aussi beaucoup dans le domaine de l'économie: Tim Cook, patron d'Apple, se lèverait à 3h45 chaque matin, Anna Wintour, la grande patronne de Vogue, n’arriverait jamais au bureau après 6h, idem pour Jack Dorsey, l'ancien patron de Twitter. Ils sont partout. Ils sont puissants. Pour dormir peu, on se lève tôt. Un auteur leur a consacré un ouvrage dévot: Miracle Morning. Évidemment ce n'est pas qu'un livre, c'est aussi des vidéos, un film, un site web... et des tasses — ce n'est pas une blague❶. En gourou-commerçant avisé, Hal Elrod y étale la science du Early morning, qui consiste à se botter le cul avant 5h30 afin de «dédier un moment à la personne que nous souhaitons devenir» (sic!) Le tout se fait en 6 étapes : silence, affirmations, visualisation, exercice, lecture et écriture...
C'est le résumé de Jonathan Crary qui a étudié le phénomène dans 24/7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil❷. Il observe qu'entre les injonctions à se coucher tard, celles à se lever tôt et les notifications permanentes, le système capitaliste a fini par capturer tous les moments de repos pour des employés et gestionnaires maintenant soumis à un rythme devenu insupportable. On est passé de 10h de sommeil quotidien à 6h aux États-Unis, voire 5h pour certaines populations. Et c'est un problème.
Au-delà de tous les problèmes de fatigue, la privation de sommeil provoque des manques biologiques de toutes sortes. Une question se pose alors. Les génies sont-ils tous insomniaques? Bien sûr que non! Existe-t-il des exemples d'illustres grands dormeurs? Bien sûr que oui!
Albert Einstein dormait 10 à 12 heures par nuit. Salvador Dali dormait beaucoup le jour. Léonard de Vinci, Victor Hugo ou encore Darwin dormaient beaucoup. Mariah Carey, Churchill, Cristiano Ronaldo sont tous connus pour être de grands dormeurs. Même Elon Musk, cité plus tôt, est devenu un repenti de la privation de sommeil, avouant que s'il restait éveillé longtemps, il devenait également moins productif, et qu'en dessous de six heures de sommeil, il ressentait des douleurs cérébrales. Visiblement, l'oligarque a encore changé d'idée, si on se fie à l'illustration ci-dessous, tirée de reddit✱. On peut observer son hyperactivité, avec les conséquences désastreuses qu'on a pu observer début 2025.
Pareil pour Jeff Bezos qui a déjà déclaré que ses 8h de sommeil étaient absolument prioritaires sur tout le reste. Même chose pour Bill Gates qui, après s'être longtemps vanté d'être un petit-dormeur suroccupé, a confessé dormir beaucoup plus aujourd'hui pour des raisons similaires.

Matthew Walker, directeur du Center for Human Sleep Science — UC Berkeley, a étudié les effets de la privation de sommeil. Elle sape la créativité, la résolution de problèmes, la prise de décision, l'apprentissage, la mémoire, la santé cardiaque, la santé cérébrale, la santé mentale, le bien-être émotionnel, le système immunitaire et même la durée de vie. Walker conclut : « La décimation du sommeil dans les pays industrialisés a un impact catastrophique ». C'est quand même fascinant de voir que des gens si intelligents ont pu faire quelque chose d'aussi idiot que de se priver de sommeil.
Alors non, les petits dormeurs ne dominent pas le monde. Mais attention à ne pas confondre les petits dormeurs, et celles et ceux d'entre nous qui dorment différemment des autres. Car non, il n'existe pas qu'UN type de sommeil universel.
Il existe donc plusieurs types de sommeil. D'abord, le sommeil polyphasique est un sommeil fractionné, entre la nuit et le jour. Notre corps adapte nos périodes d'endormissement pour gérer le sommeil léger, profond et paradoxal (que je ne couvrirai pas ici). Ensuite, le sommeil médiéval : au Moyen Âge, on pratiquait la technique des "deux sommeils"❸. On s'endormait tôt pour se réveiller au beau milieu de la nuit, et effectuer les tâches du quotidien. Un peu plus tard dans la matinée, on retournait se coucher pour plusieurs heures. Il n'existe donc pas de sommeil "universel". Certains dorment peu la nuit, mais se rendorment le jour, certains dorment beaucoup, certains dorment tout le temps...
Donc, il n'a jamais été démontré que dormir peu ferait de nous des génies. Ce qu'on sait en revanche, c'est qu'il existe un moment fatidique pour les créatifs...
Il s'agit d'un moment bien précis, l'endormissement. On connait depuis longtemps les vertus de cette phase de sommeil. L'état hypnagogique est le moment juste avant de s'endormir, et c'est aussi une phase où la créativité peut être exacerbée. Cet état intermédiaire entre l'éveil et l'inconscient stimule des idées créatives. Des personnalités comme Thomas Edison et Salvador Dali utilisaient des techniques pour se réveiller précisément à ce moment-là afin de stimuler leur créativité. Edison s'endormait au retour du dîner avec une boule de métal dans la main. Au fil de son endormissement, ses muscles se relâchaient, et ses doigts se desserraient autour de la boule de métal, qui finissait par tomber sur le sol et le réveiller. Il prenait alors en note les idées qu'il avait à ce moment précis.
Scientifiquement, on appelle aussi ce moment la phase N1. Delphine Oudiette est médecin à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale à Paris. Elle s'est intéressée à l'état hypnagogique et à son lien avec la créativité. Elle a mené une étude❹ pour explorer l'impact de cet état sur la résolution de problèmes complexes. Dans son étude, 103 participants ont été invités à résoudre un problème mathématique, puis à dormir en s'allongeant sur un siège inclinable dans une pièce sombre, avec une bouteille dans une main qui les réveillait en tombant sur le sol. Parmi les participants, 24 ont connu au moins un épisode de 30 secondes de sommeil N1 pendant leur phase de repos, 14 autres sont passés du N1 à un stade de sommeil plus profond, tandis que les autres ne se sont pas endormies du tout. Les résultats ont montré que 83% des participants qui avaient atteint le stade hypnagogique ont trouvé la solution au problème mathématique, contre seulement 20% de ceux qui étaient restés éveillés. Les sujets ayant atteint la phase N1 étaient 3 fois plus susceptibles de résoudre les problèmes de maths que ceux qui sont restés éveillés, et 6 fois plus susceptibles de résoudre les problèmes que ceux qui étaient passés à un stade de sommeil plus profond.
En conclusion, s'endormir rend créatif. Ouvrir la porte de nos rêves aide à régler des problèmes. Ces résultats ont largement intéressé la communauté scientifique. Adam Haar Horowitz, du M.I.T. juge que l'état hypnagogique est un «nouveau type de conscience que les gens n'ont pas exploré». Alors... Hop! Au dodo!
C’est à Luc de Brabandère, philosophe d’entreprise originaire de Belgique, que nous devons l’application la plus limpide du concept d’induction et de déduction, appliquée à notre manière de penser en entreprise. Ces deux mouvements de la pensée sont indispensables pour distinguer la pensée « logique » de la pensée « heuristique ».
Prenons un exemple très simple. Si je vous demande « 1+1=… », vous allez me répondre « 2 ». Cette réponse est logique. Elle est vérifiable. Elle est non-négociable. Elle est universelle. Elle ne dépend ni de votre culture, ni de votre éducation, ni de votre expérience. Elle est durable, sûre. Elle est la conséquence logique d’un raisonnement qui repose sur une série de propositions sans équivoque. Bref, la réponse « 2 » est déductive. Or elle n’a pas que des avantages.
Le premier inconvénient, c’est que cette réponse est pauvre. Dans le sens où elle ne produit pas de nouveauté. Si votre stratégie d’entreprise repose sur une réponse déductive, que vous avez vérifiée dans le marché (ex. Il faudrait baisser nos prix), il fort est à parier que vos concurrents ont en main la même réponse.
Le second inconvénient, c’est que cette décision repose sur un raisonnement si simple et si prévisible qu’un ordinateur peut le faire à notre place. Un algorithme pourrait prendre des millions de décisions de ce genre à la seconde. La pensée humaine et sa créativité ne peuvent pas rivaliser avec cette puissance. Non… notre cerveau… lui… a mieux à faire.

Si je vous demande « qu’est ce que deux évoque pour vous? », alors des milliers de réponses peuvent fuser. C’est une question que nous avons régulièrement posée en atelier, et la variété des réponses n’a jamais cessé de m’étonner. Une fois passées les réponses attendues : vélo, moto, et tous les engins à deux roues… Les mains, les pieds et toutes les parties du corps qui « viennent par deux »… Les expressions mathématiques (1+1, 8:4… on a même entendu racine carrée de racine carrée de 16)… arrivent les propositions plus personnelles « Léa et Lola, mes jumelles », mais aussi un souvenir de voyage, un film… j’ai même entendu « D’eux », l’album de Céline Dion.
Ce pouvoir d’évocation est puissant. Les philosophes diraient que l’induction part de l’effet pour remonter jusqu’à la cause. C’est le raisonnement inverse à la déduction. On part de la réponse pour inventer la question. On part de la solution pour inventer le problème.
D’une observation, on peut inventer une loi générale. Le problème? Cette réponse est fragile (hâtive dirait le philosophe). Elle n’est pas sûre. Elle n’est pas toujours vraie, vérifiable, durable. Elle n’est qu’un début de raisonnement. Mais l’incroyable avantage, c’est qu’un ordinateur ne peut pas penser de manière inductive - j’entends d’ici les chantres de l’intelligence artificielle me démentir et promouvoir les avancées incroyables des ordinateurs dans ce domaine. Le problème, c’est que ces machines à pensées ont forcément été programmées par des humains pour suivre un chemin inductif précis. Ou du moins elles ont été programmées avec un certain type de raisonnement…. Or nous ne savons pas tout à fait comment notre cerveau arrive à produire cette induction. C’est le mystère de la création que les humains n’ont jamais su percer… ils n’ont donc pas pu programmer un ordinateur pour penser de cette manière.
Chez Perrier Jablonski , nous préférons parler de la réponse « vraie » de la réponse « possible ». La première a l’avantage d’être vérifiable, mais l’inconvénient d’être prévisible. La seconde a l’inconvénient d’être discutable et fragile… mais l’incroyable avantage d’être créative, originale, inusitée. Nous avons observé que les entreprises les plus innovantes étaient aussi celles qui savaient faire "danser" ces deux modes de pensée ensemble.
Toutes les organisations ont besoin des deux modes de pensée. Or, force est de constater qu’elles sont souvent dirigées par des esprits doués de déduction, qui savent faire des promesses rationnelles. Finance, droit, production… Toutes des fonctions où la réponse « vraie » est attendue. Or ce sont les métiers les plus menacés par l’intelligence artificielle, qui feront bientôt ce travail à leur place.
De l’autre côté, la véritable innovation provient d’esprits plus libres, plus agiles, plus à l’aise dans le flou et le doute. Ces esprits sont capables de créer, d’inventer, de surprendre. Au risque de surprendre… peut-être… mais au risque aussi de créer une valeur inédite pour votre entreprise.
Comprendre ces divers types d'esprits créatifs est essentiel pour plusieurs raisons. D'abord, cela permet de mieux se connaître soi-même, de reconnaître ses forces et ses faiblesses, et d'exploiter son potentiel au maximum. Ensuite, cette compréhension favorise la collaboration et l'innovation en équipe, car elle valorise la diversité des approches et des idées. Enfin, elle ouvre la porte à une plus grande flexibilité intellectuelle, permettant de s'adapter aux situations changeantes et de trouver des solutions originales et efficaces.
Dans cet article, nous explorerons les principaux types d'esprits créatifs, en les illustrant par des exemples concrets et des applications pratiques. Du plus logique au plus audacieux, chaque type d'esprit créatif a ses propres caractéristiques et façons d'aborder la créativité. Que vous soyez un penseur analytique ou un rêveur imaginatif, vous découvrirez comment tirer parti de votre propre style tout en vous ouvrant à d'autres façons de penser.
L'esprit analytique et méthodique s'appuie sur une approche rationnelle et systématique. Ce type de créatif aime décomposer les problèmes en éléments plus petits, analyser les données et trouver des solutions logiques. Les personnes avec cet esprit sont organisées, précises et attentives aux détails. Par exemple, un ingénieur qui résout des problèmes complexes en utilisant des méthodes de décomposition est un parfait exemple de ce type d'esprit. Ils peuvent exceller dans des domaines tels que les mathématiques, la physique et la programmation, où la rigueur et la précision sont primordiales.
L'esprit pratique se concentre sur la recherche de solutions concrètes et applicables. Il valorise l'efficacité, la fonctionnalité et les résultats tangibles. Les individus avec cet esprit sont souvent ingénieux, débrouillards et orientés vers l'action. Par exemple, un chef de projet qui trouve des moyens innovants pour améliorer l'efficacité de son équipe tout en respectant les délais et les budgets démontre cet esprit créatif. Ils sont les champions de l'application pratique des idées théoriques, transformant les concepts en réalisations tangibles.
Cet esprit est avide de connaissances et aime découvrir de nouvelles idées. Il est ouvert d'esprit, pose beaucoup de questions et fait des connexions inattendues entre différents domaines. Les personnes avec cet esprit sont souvent polyvalentes, adaptables et ont une grande soif d'apprendre. Un exemple typique est celui du chercheur scientifique qui explore des territoires inconnus dans la quête de nouvelles découvertes, ou de l'entrepreneur qui s'inspire de diverses industries pour créer une nouvelle startup innovante.
L'esprit intuitif se fie à son instinct et à sa capacité à percevoir des tendances et des possibilités futures. Il a une vision globale, pense à long terme et n'a pas peur de remettre en question le statu quo. Les individus avec cet esprit sont souvent des leaders charismatiques et des innovateurs. Steve Jobs, avec sa capacité à anticiper les besoins des consommateurs et à révolutionner l'industrie technologique, incarne parfaitement ce type d'esprit créatif. Leur force réside dans leur capacité à voir au-delà des évidences et à imaginer des futurs possibles.
Ce type d'esprit laisse libre cours à son imagination et aime s'évader dans des mondes fantastiques. Il est très créatif, poétique et a une grande sensibilité artistique. Les personnes avec cet esprit sont souvent des conteurs nés, des visionnaires et des créateurs originaux. Par exemple, J.K. Rowling, avec son univers magique d'Harry Potter, est une manifestation éclatante de cet esprit créatif. Leur imagination sans borne leur permet de créer des œuvres qui touchent et inspirent des millions de personnes à travers le monde.
L'esprit non-conformiste aime bousculer les conventions et provoquer des réactions. Il remet en question les idées reçues, aime être différent et n'a pas peur du jugement des autres. Les individus avec cet esprit sont souvent des artistes avant-gardistes, des libres penseurs et des révolutionnaires. Un exemple emblématique est Banksy, l'artiste de rue connu pour ses œuvres provocatrices qui questionnent la société moderne. Leur courage à défier les normes établies leur permet de repousser les frontières de l'art et de la pensée.
En réalité, la plupart des gens ont une combinaison de ces différents types d'esprits créatifs. Un designer pourrait avoir un esprit imaginatif et rêveur pour concevoir des concepts originaux, tout en ayant un esprit pratique et pragmatique pour réaliser ces concepts de manière fonctionnelle. L'important est de cultiver sa propre créativité en s'appuyant sur ses forces tout en s'ouvrant à d'autres façons de penser.
Pour maximiser notre potentiel créatif, il est essentiel de créer un environnement propice à l'exploration et à l'innovation. Voici quelques conseils pour y parvenir :
En fin de compte, la créativité est un voyage personnel et unique. En comprenant et en cultivant les différents types d'esprits créatifs, nous pouvons non seulement enrichir notre propre vie, mais aussi apporter des contributions significatives à notre société.
Une étude menée à Stanford l’a confirmé¹. Nous sommes 60 % plus créatifs en marchant. L’objectif de la recherche était de mesurer la capacité à générer des idées originales, à formuler des analogies complexes, et à associer des mots selon l’activité physique réalisée (en marche ou assis). D’autres chercheurs sont allés plus loin encore, en essayant de comprendre la relation corps et esprit. Si rien n’est abouti, une seule chose est sûre : nous sommes plus créatifs en marchant… alors, marchons.
Menée par Marily Oppezzo et Daniel L.Scwartz, chercheurs à l’Université de Stanford, cette étude a permis d’établir le lien entre la marche et la capacité à générer de nouvelles idées². 176 étudiants ont été placés dans 4 conditions différentes :
Une fois cette étape achevée, les participants réalisaient 3 exercices de 5 à 15 min, destinés à mesurer leur créativité.
Expérience #1 : Mesurer la production d’idées originales. En 4 minutes, générer le plus d’idées originales pour l’utilisation d’un objet (ex. : une bouteille, un pneu, etc.). Une idée était considérée comme originale si aucune autre personne ne l’avait déjà soumis.
Résultat : Les étudiants qui marchaient ont donné 60 % de plus d’utilisation originale que les étudiants assis, peu importe si c’était face à un mur blanc ou à l’extérieur.
Expérience #2 : Mesurer la production créative par l’analogie complexe spontanée. Donner spontanément une analogie à différentes propositions. Par exemple : la proposition donnée est « Un cambriolage ». Une analogie simple est « une maison vide ». Une analogie complexe est « Un soldat souffrant de stress post-traumatique », car cela inclut le sentiment de perte ou de violation.
Résultat : 100 % des étudiants qui marchaient pouvaient générer au moins une analogie complexe, alors que seulement 1 à 2 étudiants assis en ont été capables.
Expérience #3 : Mesurer la concentration par l’association de mots. Les étudiants devaient trouver un mot qui pouvait s’associer avec une série de 3 mots donnés. Par exemple : Quel mot peut s’associer avec « tarte », « français » et « trou » ? Réponse possible : Fromage.
Résultat : Contrairement à ce qui était attendu, les étudiants assis ont eu de meilleurs résultats que les étudiants qui avaient marché. Selon les chercheurs, cela met en évidence que la marche favorise notre créativité, mais pas notre raisonnement.
Autre point important de l’étude : les effets de la marche persistaient encore après l’activité physique. Marcher avant une séance de création serait donc tout aussi efficace que marcher pendant celle-ci.
Pourquoi marcher nous rendrait-il plus créatifs, plus inductifs ? Plusieurs débuts de réponse ont vu le jour, sans jamais pouvoir vraiment statuer :
Lorsque nous marchons, notre cœur bat plus vite, envoyant plus de sang et d’oxygène à nos muscles et à nos organes, y compris notre cerveau. De nombreuses études ont démontré que cet apport d’oxygène améliore notre capacité d’attention et notre mémoire.
La marche régulière favoriserait également la création de nouvelles connexions neuronales et éviterait le vieillissement des tissus cérébraux avec l’âge. Pour faire simple, même un effort physique léger, mais régulier entretient votre cerveau, grâce à l’apport en oxygène.
C’est aussi connu que les mouvements de notre corps changent nos pensées et vice-versa.
Des psychologues spécialisés en musique ont quantifié les effets de la musique sur nos comportements : écoutez une chanson rythmée et vous courrez plus vite, écoutez une musique forte et enjouée dans votre voiture et vous appuierez inconsciemment un peu plus fort sur l’accélérateur³.
Quand nous marchons, nos pieds s’accordent inconsciemment et naturellement avec le rythme de nos pensées intérieures… Ce que ça signifie ? Nous pouvons décider délibérément d’accélérer ou ralentir le rythme de nos pas pour accélérer ou ralentir le rythme de nos pensées.
Ces réflexions auront permis de poursuivre les recherches pour trouver un lien de causalité et pour étudier l’influence du corps sur l’esprit. Tout ce qu’on sait de façon sûre, c’est que nous sommes plus créatifs en marchant.
Steve Jobs et Mark Zuckerberg étaient connus pour leurs réunions en marchant. Mark (de son petit nom) proposait même pour certains recrutements une promenade à travers Palo Alto. Jack Dorsey organise régulièrement « les marches de Gand » (une marche de 3,5 km entre la statue de Gandhi et le siège des entreprises)⁴.
Alors on ne dit pas que toutes les tâches devraient être effectuées en marchant. On ne dit pas qu’il faut marcher 3,5 km. Et on ne dit pas non plus que vous serez le prochain Mark Zuckerberg (mais si jamais vous l’êtes, appelez-nous, on pourrait faire affaire).
Le confinement a introduit de nouvelles habitudes, de nouveaux concepts et de nouvelles contraintes. La peur et les limites se sont instaurées dans notre quotidien. L’inspiration s’est faite plus rare, et la motivation plus dure. Il est pourtant important de recommencer à générer de nouvelles idées. Des idées pour s’en sortir, des idées pour améliorer notre quotidien, des idées pour reprendre le chemin du travail, des idées pour recommencer quelque part.
Et voilà le secret ! Instaurez la marche pendant une réunion téléphonique, partez vous promener pour réfléchir aux enjeux de votre entreprise, pensez à de nouveaux concepts de produits ou de services lors d’une ballade dans un parc. Et surtout… vérifiez la météo.
Nous sommes 60 % plus créatifs en marchant. Alors, levons-nous et marchons. Il est temps de recommencer à générer de nouvelles idées pour s’adapter et évoluer. Soyons simples pour être créatif : promenons-nous. C’est par là que commence la création, une bonne marche !