Comprendre
en construction

Quand le feedback s’inspire des entraîneurs sportifs.

Jessica Circée
 • 
08
/
12
/
2019
clock

Les aptitudes de coaching sont de plus en plus valorisées en entreprise, mais elles sont reconnues depuis longtemps dans les sports. On s’inspire de l’entraînement des athlètes pour dégager les composantes d’un feedback efficace : un problème, une image, une solution et un timing.

100% (final)
Sujet absent
Auteur absent
Statut absent
Quand le feedback s’inspire des entraîneurs sportifs.
Photo by Braden Collum on Unsplash

Nous avons été habitués à un feedback instantané. Des « J’aime », des étoiles, des commentaires, des rires… Ces réactions instantanées nous rassurent et nous encouragent. Mais un feedback plus complet peut être un puissant outil de motivation. Une technique répandue est le feedback sandwich : on camoufle la critique entre deux compliments pour la rendre plus digeste. Elle permet de renforcer le bon, d’identifier le moins bon et de motiver à persévérer. Le problème : on dilue l’information clé et on enlève de l’importance au point à améliorer. Alors, comment amener le feedback à un autre niveau ?

On s’inspire des techniques de coaching d’un athlète expliquées par Magill et Anderson pour développer une formule complète: un problème, une image, une solution et un timing.

Les deux types de feedback

Imaginons un joueur de baseball. Il obtient deux formes de feedback lorsqu’il frappe une balle. Le premier est sensoriel et instantané — il sait automatiquement s’il s’agit d’une bonne frappe. Il ressent le contrecoup dans ses bras, entend le son du choc, regarde la balle qui s’éloigne… et il pourra juger aussitôt de sa performance. Il s’agit du feedback intrinsèque à la tâche. Un problème : ce feedback n’est pas toujours disponible ni instructif : il dépend grandement de la nature de la tâche et de l’expérience de l’athlète.

On s’intéresse spécifiquement à la seconde forme de feedback : le feedback augmenté. Il peut venir d’un tiers comme un coach et on lui reconnaît trois fonctions: faciliter l’apprentissage de nouvelles habiletés, améliorer la performance et motiver à persévérer dans la pratique. C’est la forme de feedback préférée des athlètes puisqu’elle est plus facile à détecter, interpréter, et fait appel à des références connues et des objectifs qui peuvent être mesurés. C’est aussi une forme de feedback nécessaire et bénéfique au travail: on recherche à mieux évaluer le fruit de nos efforts, savoir comment faire mieux ou obtenir reconnaissance et valorisation par la rétroaction directe de nos collègues ou supérieurs.

Quatre considérations pour un feedback augmenté efficace

Une seule erreur

La performance d’un athlète dépend d’innombrables variables: il ne fait bien rarement qu’une seule erreur en développant ses habiletés. Or, la mémoire et l’attention humaines étant limitées — un humain ne peut se rappeler que de 5 à 9 éléments entendus — l’entraîneur ne doit cibler spécifiquement qu’un seul élément à corriger par séance: le plus critique. Deux pièges : donner trop d’information et attribuer d’abord de l’importance aux détails qui ne causeront pas d’amélioration significative du résultat.

Imager la conséquence

Le feedback sera encore plus bénéfique s’il est imagé et que la conséquence est perceptible. L’entraîneur doit faire appel à une référence connue pour que l’athlète se concentre sur la tâche avec un objectif concret en tête.

Par exemple, un entraîneur de baseball pourrait simplement indiquer à son batteur de frapper plus tôt. Par contre, un feedback plus précis aura de meilleurs résultats. Par exemple : la balle doit être frappée à 11h (référence à une image: la position des aiguilles d’une horloge) pour toucher telle cible (la conséquence perceptible — une cible physique).

Préciser la solution selon l’apprenant

L’entraîneur doit déterminer le degré de solution à apporter. Lorsqu’il a affaire à un athlète moins développé, il devrait fournir l’information spécifique et technique sur la tâche ou le mouvement exact à réaliser. Toutefois, pour les athlètes plus élites ou plus expérimentés, il est recommandé d’opter pour une information moins précise pour les encourager à chercher la solution, afin de pousser leur pratique encore plus loin.

Le timing

Un feedback donné trop tôt ou trop vite peut créer une dépendance. Pour y palier, l’entraîneur peut laisser l'athlète choisir son moment optimal pour recevoir le feedback.

Ce qu'il faut retenir

On retient 4 considérations pour un feedback plus efficace : un problème, une image, une solution et un timing. Cette formule inspirée des techniques de coaching d’un athlète facilite l’amélioration de la performance, le développement des compétences, et la motivation à la tâche.

Autre caractéristique de l’entraîneur sportif ? Son objectif principal : l’excellence de l’athlète. Il ne mélange pas de ses aspirations personnelles à celle de son athlète. Sa motivation, c’est le succès de son poulain. Et si on s’en inspirait pour infuser un peu plus d’altruisme dans notre feedback ?

Bibliographie et références 

Référence principale : Hodges, Nicola J., and A. Mark Williams. "The roles and uses of augmented feedback in motor skill acquisition RICHARD A. M AG ILL AND DAV IDI. ANDERSON." Skill Acquisition in Sport. Routledge, 2012. 29-47.

Armstrong, T. R. (1970). Feedback and perceptual–motor skill learning: A review of informa- tion feedback and manual guidance training techniques. Technical Report No. 25, Human Performance Center, University of Michigan, Ann Arbor.

Hogan, J. C., & Yanowitz, B. A. (1978). The role of verbal estimates of movement error in ballistic skill acquisition. Journal of Motor Behavior, 10, 133–138.

Lintern, G. (1980). Transfer of landing skill after training with supplementary visual cues. Human Factors, 22, 81–88.

Miller, G. A. (1956). The magical number seven plus or minus two: Some limits on our capacity for processing information. Psychological Review, 63, 81–97.

Patterson, J. T., & Carter, M. (2010). Learner regulated knowledge of results during the acquisition of multiple timing goals. Human Movement Science, 29, 214–227.

Stillman, Jessica. « A 4-Step Approach to Negative Feedback That's Way Better Than the 'Sh-t Sandwich’ », HBR, 29 avril 2019. Consulté en ligne : https://www.inc.com/jessica-stillman/google-exec-shit-sandwich-approach-to-negative-feedback-doesnt-work-do-this-instead.html?cid=search.

Swinnen, S. P., Schmidt, R. A., Nicholson, D. E., & Shapiro, D. C. (1990). Information feed- back for skill acquisition: Instantaneous knowledge of results degrades learning. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 16, 706–716.

Tzetzis, G., Votsis, E., & Kourtessis, T. (2008). The effect of different corrective feedback methods on the outcome and self confidence of young athletes. Journal of Sports Science and Medicine, 7, 371–378.



Notes

voir Contenu inis par Jess



Comprendre
en construction


Notes

fileuploaded.jpg
Oups, 10Mb maximum.
fileuploaded.jpg
Oups, 10Mb maximum.
fileuploaded.jpg
Oups, 10Mb maximum.
fileuploaded.jpg
Oups, 10Mb maximum.
Tout a bien fonctionné.
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Partagez cet article!

Éditer
 Éditer Éditer Éditer Éditer Éditer

À découvrir au hasard...

Pour continuer de réfléchir...

DES FORMATIONS POUR VOUS AIDER

send
Parlons-nous

Préparé avec au 467 rue Saint-François-Xavier, Montréal, H2Y 2T2